Tourisme : bien malin qui peut prédire
Promouvoir le tourisme en pareille période a tout l’air d’une traversée du désert. Ils sont nombreux à spéculer sur les résultats –souvent catastrophiques- à venir dans cette industrie. La plupart des sondages indiquent que les consommateurs, pour traverser la crise économique sans trop de péril, réduiront leurs dépenses d’abord dans les voyages et les vacances.
Et Charlevoix? On se rabat sur des impressions agréables. Charlevoix est une destination naturelle, à proximité de Québec, possède la cote, fait bonne impression auprès des médias spécialisés… Ça, c’est un mélange de préjugés favorables et d’optimisme. Bref, faut être croyant pour prévoir des temps florissants.
Ottawa fait passer son aide de 8,1 à 10 millions $ par année. Ce n’est pas énorme, surtout que c’est encore sous la barre de ce qu’on accordait il n’y pas si longtemps. En fait, le petit 1,9 million $ distribué également entre les 20 régions touristiques donne 95 000 $ par ATR. Or, ne soyons pas dupes, les régions de Québec et de Montréal seront les plus gourmandes. N’empêche que c’est un pas dans la bonne direction, salué par les ATR associées. Quand même, n’allons pas jusqu’à mordre la main qui nourrit!
Québec injectera probablement une dizaine de millions $ en aide d’urgence, annonce attendue au dépôt du prochain budget. Les ATR en veulent 35 sur trois ans. Peut-on toutefois prétendre sauver les meubles à coup de promotions dans cette industrie? J’en doute. On peut certes augmenter la visibilité, mais ce ne sera pas là le seul moyen de maintenir un achalandage.
Quoi faire alors? Le Manoir Richelieu a donné le ton en offrant des chambres sur le marché de Québec à des prix –presque– dérisoires. Par exemple, le forfait «juste une façon», pour trois jours, revient à 93 $ la chambre. C’est donc dire qu’un ajustement est nécessaire. Pas donner son produit, mais favoriser la rétention, comme le fait le Massif, avec l’achat immédiat de la carte de membre 2009-2010, donnant droit à du ski gratuit d’ici la fonte des neiges.
Tourisme Charlevoix fait également le bon choix en misant sur les agents multiplicateurs et sur les associations. Ce n’est pas un mensonge de dire que Tourisme Charlevoix va à la guerre avec un tire-pois en matière de budget de promotion, d’où l’obligation de stratégies judicieuses et originales.
Consolider les événements en place est également un bon moyen. On oublie trop souvent que les événements sportifs sont de véritables catalyseurs de l’industrie. Ils sont une promotion obligée pour des centaines de personnes. Le triathlon à Saint-Aimé-des-Lacs, la Coupe Canada en vélo de montagne, le Grand Prix cycliste, le Challenge Casino et la Grande Traversée pour ne nommer que ceux-là, ont la même portée stratégique que les événements culturels. N’est-ce pas là des multiplicateurs terrains de qualité et crédibles?
Mais serons-nous véritablement affectés? Ils étaient 36 322 au dernier Salon expert chasse, pêche et camping et au Salon du bateau de Québec, un record de tous les temps. Crise économique, avez-vous dit ? Et si Charlevoix était le remède aux sombres pronostics économiques ? Voilà, je redeviens optimiste…

