Plusieurs questions pour Sam Hamad
Sam Hamad est un ministre fort sympathique, d’agréable compagnie et disponible. N’empêche qu’il doit s’attendre à plusieurs questions épineuses lors de sa venue dans Charlevoix, sa première en 2009, lui qui en revanche, avait pris soin de visiter Baie-Saint-Paul lors des inondations l’été dernier et aussi soutenu le candidat Jean-Luc Simard lors de l’élection automnale.
Mais M. Hamad a un avantage : les questions sont prévisibles. Il pourra donc aisément préparer ses réponses. La Chambre de commerce de Charlevoix, qui joue la carte d’unificateur et de rassembleur, veut avoir sa vision de la région à l’intérieur de la capitale nationale. Voilà un vieil enjeu, qu’on débattait déjà au premier mandat de l’ex-député Rosaire Bertrand, et qui ne devrait pas trop embêter le politicien.
Mais la question demeure entière. Trop de dirigeants locaux ont la curieuse impression de ne récolter que les miettes d’un somptueux repas préparé pour Québec et la Rive-Sud. Entre la proportion démographique favorable de la ville et la progression légitime de Charlevoix, il y a une marge que le ministre devra expliquer. Encore une fois, le concept des régions ressources, autre débat épique, risque de revenir sur la table si on décortique la situation.
Là où ça risque de se compliquer, c’est quand il devra expliquer pourquoi le tronçon routier Clermont – Baie-Saint-Paul n’est toujours pas dans la programmation de Transports Québec. Il ne faut pas croire que le récent coup d’éclat avec l’annonce record de chantiers en voirie comble Charlevoix. La plupart des annonces étaient déjà connues et celles que nous cherchons à obtenir font défaut.
Pour ce qui est du dossier de Saumon Rivière-Malbaie, on lui demandera d’honorer l’appréciation de l’ex-ministre Philippe Couillard, son prédécesseur comme ministre de la Capitale nationale. D’ailleurs, le lendemain, ce même Couillard sera le président d’honneur du souper bénéfice de l’organisation avec, qui sait, la promesse en mains de son ami – ce qui est le cas - de M. Hamad.
La nouvelle problématique de Grand-Fonds lui sera aussi soumise, mais trop récente, elle n’ordonne pas une pression importante, sinon de tenir au courant le politicien. En revanche, le ministre risque aussi de suggérer un engagement du fédéral.
La Chambre de commerce pourra également lui parler de la crise forestière qui hypothèque dangereusement un pan de l’industrie de la MRC de Charlevoix-Est. Elle pourra aussi lui suggérer une aide supplémentaire pour soutenir une industrie touristique qu’on prévoit trouble en raison du ralentissement économique. Il y a le projet du Musée, celui du centre d’exposition, tous deux pour des agrandissements. Il y a aussi tous les dossiers qui traînent en longueur comme le parc industriel de Saint-Urbain, dont la subvention se fait encore attendre.
Bref, la visite de M. Hamad s’imposait. Il a deux semaines pour se préparer, mais sa visite n’est pas un hasard. Ne nous attendons pas au Père Noël, mais assurément, il possède déjà plusieurs réponses.

