Grand-Fonds : dur de grandir

La facture grimpe dans le dossier de Grand-Fonds. Êtes-vous surpris? Pas moi. On oublie trop souvent que cette station a vu le jour en 1971. Près de 40 ans se sont écoulés. Faute de moyens et à cause de propriétaires en difficulté, ce sont des travaux d’entretien et de remise à neuf qui ont été remis à plus tard –lire pas fait–. Alors 6 millions $ pour assurer la survie et le développement de cette station, c’est encore bien peu en 2009.
Mais le coup en vaut la chandelle. La popularité de Grand-Fonds n’est pas mauvaise. Les nombreux skieurs à qui je parle et qui ont goûté à ce parc ludique sont généralement enchantés. Les spécialistes du ski ne tarissent pas d’éloges envers la petite station régionale, qualifiant continuellement les conditions d’excellentes. L’enneigement y est également avantageux. Bref, le potentiel de la station existe réellement.
Évidemment, l’éternel adolescent tarde à devenir adulte. Pour y arriver, il aura encore besoin d’un coup de pouce et c’est au fédéral cette fois de tendre la main. Parce que ne nous trompons pas, il m’apparaît impensable de retourner voir la population et ses donateurs corporatifs. Il est aussi inconcevable que la ville injecte davantage que les 800 000 $ mis sur la table. Cette fois, politiquement, cela ne passerait pas. Quant à Québec, bien qu’il se soit fait tirer l’oreille à l’époque, il a tout de même fait amende honorable en proposant 2,8 millions $.
Ottawa a déjà dit non. Un second refus, dans le contexte, risque d’attiser la rancœur à son endroit. Qu’on ne dise pas qu’il est impossible de financer une station de ski, pas dans un contexte de ralentissement économique où l’une des solutions passe invariablement par le dynamisme insufflé par l’État.
Ottawa doit comprendre que Grand-Fonds représente un moteur économique important pour Charlevoix-Est. Il génère en salaires et en achat local plus d’un million $ par année. Il est aussi de plus en plus –il fallait marcher dans les rues de La Malbaie cette semaine pour le constater - un outil de promotion pour les hôteliers.
Son achalandage est à contre-courant de l’industrie, étant en hausse de 10 %. Il est vrai que le caractère familial de la station et ses piètres performances des dernières années expliquent ce revirement de situation souhaitable il va sans dire.
Enfin, Ottawa se doit d’être conséquent. Quand il a dit oui au Groupe Le Massif, il a accepté de soutenir l’industrie récréotouristique de toute une région. Je sais, il s’agit de deux dossiers différents, mais la situation commande un brin de cohérence.
Enfin, on s’en reparlera, mais 6 millions $, c’est encore à mon avis un minimum. Je ne serais pas surpris que le bilan final – encore faut-il commencer - soit supérieur à cette estimation.

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