Fini l’argent vite fait dans le tourisme?

Travailler au noir ou faire travailler au noir est une pratique impossible à enrayer. Dans Charlevoix, on le sait, le fort taux de chômage et le travail saisonnier sont des éléments qui font augmenter le travail au noir. Inutile de préciser que Charlevoix n’est pas seul à connaître des pratiques illégales. Mais voilà que Tourisme Charlevoix s’attaque aux résidences de tourisme illégales. Il y en aurait une centaine dans la région. Première question : L’organisme doit-il être perçu comme le méchant loup dans cette histoire?
Ma réponse est non. Tourisme Charlevoix existe pour défendre ses membres. Aucun d’eux, surtout ceux qui œuvrent en hébergement, ne peut accepter l’avantage fiscal que possèdent les résidences illégales. Ne pas remettre le 2 $ par  nuitée, ne pas déclarer ses revenus au fisc, payer au noir ses employés confèrent des avantages déloyaux.
Autre question, la deuxième : Tourisme Charlevoix joue-t-il à la police? Ma réponse est encore non. S’il était tenté d’encourager la délation, nous pourrions critiquer sa stratégie, ce qui n’est pas le cas. L’organisme répète qu’il ne détient pas le pouvoir de légiférer. Voilà pourquoi ses premiers interlocuteurs seront le ministère du Tourisme et les municipalités de Charlevoix. Ce sont eux qui peuvent imposer des lois.
Troisième question : Les résidences de tourisme sont-elles les mal-aimées de l’industrie? Ma réponse : les illégales seulement. Tourisme Charlevoix ne peut nier que ce produit répond à un besoin. Il reconnaît la pertinence de détenir un parc de résidences de tourisme pour satisfaire les besoins en matière d’hébergement. Alors vous qui exploitez ce type d’hébergement, ne partez pas en peur. Ce n’est pas vous qui êtes visés, encore faut-il que vous déclariez tous vos revenus.
Autre question : Exige-t-on que vous soyez membres? Ma réponse : moralement oui, mais légalement non. En fait, à peine le quart des résidences de tourisme légales sont membres et ce n’est pas le cheval de bataille de Tourisme Charlevoix. Remarquez qu’il le souhaite, mais c’est autre chose qui est en cause.
Cinquième question : La sensibilisation peut-elle venir à bout des irréductibles? Non et oui. La pression depuis plus d’un an sur les propriétaires de résidence de tourisme est énorme. Oui, l’augmentation est effarante (214 % en six ans), mais plusieurs existaient bien avant : ils ont choisi de demander une classification pour éviter des problèmes. D’autres comprendront la démarche de Tourisme Charlevoix en se conformant aux règles, mais il y aura toujours des gens pour profiter du système. Je le répète, faire de l’argent au noir est un trait de notre système capitaliste.
La meilleure sensibilisation viendra de l’interne. Quand deux propriétaires de résidences de tourisme se rencontreront, l’un légal, l’autre pas, inutile de dire que le premier n’invitera pas le second à souper. C’est pourquoi, depuis quelque temps, rares sont les gens qui se vantent de louer leur chalet ou d’ouvrir leur chambre sans détenir la classification de la Corporation de l’industrie du tourisme du Québec.  Et avec la récente démarche de Tourisme Charlevoix, bien brave celui qui s’affichera ainsi.

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