Comme le printemps

La fusion des MRC, c’est un sujet qui s’apparente au printemps. Il arrive chaque année, mais il finit toujours par s’estomper. Cette hypothèse politique ne date pas d’hier. Il suffit de se souvenir des ambitions de l’ex-député Rosaire Bertrand qui a toujours souhaité un rapprochement entre les deux organismes.
La Chambre de commerce a-t-elle outrepassé sa mission en exigeant poliment une étude sur le sujet? Non, je ne crois pas. Depuis le temps que nous réclamons une Chambre plus revendicatrice,  plus branchée sur l’actualité, capable de réaction rapide sur des dossiers et avec davantage de prises de position, on ne lui reprochera pas d’avoir fait une percée sur le champ de bataille politique.
Ne discutons pas des arguments mis de l’avant par la Chambre de commerce. Un seul élément retient mon attention. Elle a osé demander une action. Retenons seulement ce point. Parce qu’il faut avouer que dans ce dossier, les conclusions d’une étude de fusion est le seul élément qui manque. Tout a été dit, les arguments favorables et défavorables sont connus.
La MRC de Charlevoix-Est a toujours été favorable à ce scénario. Ses invitations à la MRC de Charlevoix ont tantôt été colonisatrices, tantôt sous le sceau de la négociation, plus tard politiquement correctes et enfin très douces et mielleuses, mais chaque fois, on refusait la danse.
La MRC de Charlevoix est aussi cohérente. Elle a souvent dit non sans même se pencher sur la question, elle a aussi dit plus tard si le besoin se faisait sentir ou encore –et c’est aujourd’hui la même réponse-, pas contre, mais pas prête!
 Une étude de fusion avant les élections de l’automne 2009 n’est guère probable. Pas un seul maire n’acceptera d’attacher les mains de son potentiel remplaçant avec une étude.
Mais en bout de ligne, tant et aussi longtemps que les deux MRC feront semblant de s’entendre et de tenir le même discours, l’idée même du regroupement restera impensable. L’échec  d’une entente sur le récent dossier du lieu d’enfouissement technique est l’accablante preuve d’un profond fossé entre les deux organismes.
À coups de résolutions, de déclarations dans les journaux et  de décisions qui n’ont rien de régionales, on ne peut qu’assister à un dialogue de sourds. Encore une fois, cela vaut pour les deux MRC. Et, faut-il l’avouer, ni l’un ni l’autre ne voient l’urgence d’un regroupement.
Meilleur poids politique auprès des gouvernements supérieurs, économie d’argent, harmonisation des politiques, vision régionale, tout ça, ce sont les arguments favorables entendus et réentendus. Perte de pouvoir politique aux mains des plus gros, vulnérabilité des petites municipalités, culture différente, question identitaire, ça, ce sont les arguments défavorables déjà entendus.
Enfin, la Chambre de commerce lance un pavé dans la mare. Le seul mérite toutefois de cette audacieuse invitation, ce sera de constater que la position des élus n’a pas beaucoup évolué, du moins pas suffisamment pour se diriger en toute honnêteté vers un processus d’étude de fusion.

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