Quand l’économie intéresse
Chez nous, c’est une minorité de Charlevoisiens qui suit les aléas du marché économique mondial. Décortiquer une crise économique est aussi compliqué que de nommer les épices d’une sauce à spaghetti en la goûtant.
Mais quand cette crise menace son portefeuille, son emploi et ses avoirs, on s’y intéresse. On cherche à comprendre, à trouver un coupable et à imaginer un remède, c’est dans la nature humaine.
Serons-nous touchés? Nous le sommes déjà. Les fermetures temporaires aux usines d’AbitibiBowater, les suppressions de postes chez BICC Câbles, le maigre carnet de commandes du Manoir Richelieu, etc. sont les premiers exemples des effets de cette crise.
L’Hebdo Charlevoisien a choisi de donner la parole à des chefs d’entreprise pour mesurer notre degré d’affectation. D’abord, une crise économique, c’est quoi? J’aime bien la définition de Jean Labbé de la Laiterie Charlevoix : «Une récession, c’est une crise de confiance des consommateurs qui est amplifiée par l’annonce de mauvaises nouvelles.» Reste que cette crise de confiance, peu importe ce qui la motive, ce qui la provoque et ce qui la maintient, affecte les marchés.
Cela dit, comme insiste Charles Warren de L’Hebdo Charlevoisien, «il ne faut surtout pas paniquer, que nous soyons des gestionnaires d’entreprise ou des particuliers inquiets de leurs placements». Et il a raison, céder à la panique n’arrange pas les choses.
L’optimisme de Richard Berthiaume de Photo ABS est basé sur l’expérience charlevoisienne. «Les gestionnaires d’ici ont l’habitude de gérer les périodes creuses», dit-il avec justesse. En fait, l’économie des régions est par définition fragile et les durs coups ne sont pas rares, c’est la capacité de se relever qui juge de la force de réaction d’un milieu.
Comment y faire face? «Je suggère à ceux qui ont l’habitude d’aller acheter à l’extérieur de notre région de faire leur part en encourageant notre propre économie», propose Sébastien Thibeault, du Regroupement des concessionnaires automobiles de Charlevoix. C’est un bon départ, mais peu importe la provenance du consommateur, il aura néanmoins le réflexe de revoir ses priorités en fonction de sa nouvelle capacité d’achat.
«Il y aura ceux qui devront réduire leurs loisirs et ceux qui feront un choix parmi un lot de possibilités», partage Ginette Gauthier du Domaine Forget. Bref, il faut faire des choix : reporter un voyage dans le Sud, conserver sa vieille voiture un an de plus, assister à trois spectacles par année au lieu de six, différer l’agrandissement de la maison, ne plus aller au restaurant le vendredi soir, etc. Des choix, il y en a toujours à faire.
Reste que le tourisme semble un des secteurs les plus vulnérables. Comment réagira cette catégorie de consommateurs, les touristes si chers à Charlevoix. «Nous nous attendons cependant à des impacts plus clairs du côté de la clientèle internationale qui, pour nous, vient principalement de la France», mentionne Claude Dufour de l’Auberge des peupliers.
Vous voyez, on a beau vouloir y voir clair, chaque réponse entraîne une nouvelle question. Vous n’avez qu’à consulter la version papier du 14 janvier pour lire notre enquête sur le sujet.


21 Janvier 2009 à 5:22 am
Vous savez je connais des marchands qui vont chez le coiffeur à Québec..pas facile après ça de nous vendre l’achat chez nous.