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	<title>Ma société avec Emilie Bernier</title>
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	<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:59:20 +0000</pubDate>
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		<title>Did</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
Contrairement à bien des semaines où j’arrive au mardi devant un écran blanc et que je dois trouver le thème qui me permettra de pondre un laïus de 600 mots pour remplir ce carré de gazette sans être trop ennuyeuse, j’avais prévu le sujet de cette chronique dès la semaine dernière. L’illumination m’était venue jeudi, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Contrairement à bien des semaines où j’arrive au mardi devant un écran blanc et que je dois trouver le thème qui me permettra de pondre un laïus de 600 mots pour remplir ce carré de gazette sans être trop ennuyeuse, j’avais prévu le sujet de cette chronique dès la semaine dernière. L’illumination m’était venue jeudi, plus exactement. Tout juste après avoir entendu Did Tafari Bélizaire, conférencier invité de la semaine de prévention de la toxicomanie, raconter son histoire. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">En le saluant et en prenant la petite photo traditionnelle pour fin de couverture journalistique, je m’étais dit : wow! Quel être inspirant. Quel être sympathique, sincère et généreux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Je vais faire comme si rien ne s’était passé depuis. <span id="more-165"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Pour faire une histoire courte</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">À<span>  </span>Rochebelle, la même école où j’ai terminé, quelques années après lui, mes études secondaires, Did est cool. Il est le seul noir de l’école (on parle de la fin des années 1980), un colosse de 6 pieds7 au sourire craquant et au charme indéniable. Il est un super joueur de basket, ce qui lui donne un ascendant certain sur ces pairs, quelque soit leur sexe. Son atout numéro 1? Sa carrure imposante qui lui offre sur un plateau d’argent un boulot pas trop compliqué et super bien payé : garde du corps. Sous le vernis, une fêlure. L’absence du père et de<span>  </span>son autorité. Une mère absolument aimante qui ne sait pas comment mettre les limites dont son fils a besoin pour pousser droit…<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ses premiers contacts avec le jeu, c’est à travers des machines à sous. Bien campées dans son environnement de travail, les bars, elles lui font de l’œil. Quelques dollars par ci, quelques dollars par là, se doute-t-il qu’il met la main dans un engrenage dont il ressortira rompu, bien des années plus tard? Bien sûr que non. Mais le piège se referme. Il joue, de plus en plus. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Comme beaucoup de joueurs compulsifs, Did a toujours besoin de plus d’argent. Il emprunte, s’endette auprès des « shylock » qui font leur pain, leur beurre, leur caviar et leur champagne sur le dos des gens comme lui. Les taux d’intérêts sont faramineux. Il ment. Il vole. Il vide les comptes-conjoints. Son couple flétrit. Son estime de lui fond comme neige au soleil. Le démon du jeu, lui, ne perd rien de sa vigueur. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Did devient l’ombre de lui-même. Il « s’haït ». Son ultime tentative de «se refaire » se solde par un échec. Le casino, en bonne machine à remplir les coffres de Loto-Québec, ne lui laisse pas cette chance. L’équation se fait d’elle-même dans sa tête. Sa vie est un échec. Pourquoi continuer à vivre?<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Après s’être faufilé entre deux barreaux du Pont Jacques Cartier, Did appelle sa blonde. S’excuse. Et saute.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ses grands souliers, pointure 17, frappent l’eau à plat. Il vient de trouver un autre sens à l’expression « eau de roche ». « Je ne suis pas Alexandre Despaties. J’ai oublié de pointer les pieds », raconte-t-il. Les auditeurs rient. Jaune. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Il ne meurt pas. La colère le gagne. Il tente de se noyer, mais la vie est forte. Il survit, est repêché. « Qu’est ce que tu fais là? » lui demande le capitaine qui l’aperçoit flottant. « Je m’en vais à Tadoussac »… Est-ce vraiment vrai qu’il a dit ça? Peu importe. La vie est forte. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Sa 2<sup>e</sup> vie lui est offerte, les j<!--more-->ambes en moins, l’espoir en plus. Pour ne pas que Pierre, Sébastien ou Steve empruntent à leur tour le chemin du Pont le désespoir dans l’âme prêt à en finir, il consacrera sa deuxième vie, engoncé dans son atout numéro 1 fractionné, à parler du jeu, à tenter de prévenir Pierre, Sébastien, Steve, mais aussi Carole, Marie, Anne-Sophie. «Ne laissez pas votre boule dans le ventre prendre le contrôle de votre vie. Aimez-vous. Sachez découvrir votre potentiel, leur dit-il. Et ses mots font leur chemin jusqu’au cœur des interlocuteurs, sans détour. Parce qu’on ne peut que faire confiance à quelqu’un comme Did, le nouveau Did. Celui qui réussit à faire des blagues avec sa propre mort annoncée.<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Épilogue</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Elle aura finalement eu le dernier mot. Did est mort dans la nuit de jeudi à vendredi. Comptons nous chanceux. Il aura eu le temps de parler à nos ados, peut-être même d’en convaincre plusieurs de rester loin du jeu. Son message est passé. Un ange aussi. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Merci.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">R.I.P, Did.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
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		<title>Ma mort comme je l’entends</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:58:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
Quand la vie n’est plus que l’ombre d’une survivance, est-ce un droit de choisir d’y mettre fin? La réponse ne peut pas être claire. Trop d’embrouillaminis éthiques l’embourbent. Trop de charge émotive l’alourdit. Trop de disparités idéologiques la divisent. 
L’Occident a peur de la mort. On n’en parle peu. Avec des pincettes. Faire un testament [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Quand la vie n’est plus que l’ombre d’une survivance, est-ce un droit de choisir d’y mettre fin? La réponse ne peut pas être claire. Trop d’embrouillaminis éthiques l’embourbent. Trop de charge émotive l’alourdit. Trop de disparités idéologiques la divisent. <span id="more-163"></span><strong></strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">L’Occident a peur de la mort. On n’en parle peu. Avec des pincettes. Faire un testament nous répugne, comme si d’écrire son nom en toute lettre convoquait la mort, lui disait : entre, je suis prêt. Quelle absurdité : on n’est jamais prêt à mourir. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Vraiment? Parlez-en aux mourants, aux gens « en fin de vie », comme on dit pour être poli. Ce sont eux qui détiennent les clés pour déverrouiller la serrure de cette boîte de Pandore, celle qui contient les réponses que les puritains, les cathos, les éthico-accro refusent d’entendre.<span>  <!--more--></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Mourir dans la dignité. Choisir sa mort est-il un droit? Récemment, des chercheurs de la Société royale du Canada se sont fait solidement varloper pour avoir osé répondre oui… (lire leur rapport au rsc-src.ca/documents/RSCEndofLifeReport2011_FR_Formatted_FINAL.pdf)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">La bataille dure depuis des lunes, des lustres… Deux camps s’affrontent. Les pro-vie-à-tout- prix et les pro-choix. Ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau au débat sur l’avortement, finalement. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Peut-on, en tant qu’être humain né, élevé, grandi et parvenu à maturité, décider d’avorter sa vie? <span> </span>Quelque soit l’âge dont on discute, embryonnaire ou vénérable, les arguments des deux parties frayent dans les mêmes eaux… <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">À chaque étape de notre existence, quelqu’un a quelque chose à dire sur ce qu’on fait, de qu’on est. Enfant, nos parents nous disent quoi manger, comment nous habiller, quoi faire de nos journées. Ado, nos amis nous incitent à écouter telle musique, à développer tel intérêt pour être « cool », à draguer tel garçon ou telle fille qui a la cote, à essayer toute sorte de truc… Nos parents, eux, nous poussent dans le derrière pour qu’on réussisse nos études et qu’on n’essaie pas trop de ces trucs que nos amis proposent… Adulte, conjoint et enfants posent des jalons clairs le long de notre parcours, comme deux haies de grands peupliers entre lesquelles cheminer. On choisit d’avoir l’un et l’autre (conjoint et enfant), mais après ce choix, peut-on vraiment pleinement s’imposer comme maître de sa propre destinée? Remarquez, je ne m’en plains pas! J’adore le chemin que nous dessinons ensemble d’une même main, influençant nos directions respectives.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">À l’heure de ma mort, pourtant, je veux pouvoir faire mon choix. Si mes os ne me supportent plus, si le goût de l’eau n’apaise plus ma soif, si je ne peux plus goûter le bonheur des fruits, marcher sur le sable en écoutant le fleuve chanter ou prendre mes enfants ou mes petits enfants dans mes bras, pourquoi vivrais-je? <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ma vie dépend intimement de celle des autres, mais j’aimerais vivre ma mort comme je l’entends. Décider de « tirer la plogue » quand la lumière du jour me fera mal, quand tout sera fade, quand mon corps ne sera que douleur. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Je devrais dire si. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Si j’ai mal et que je n’ai plus envie, si je sais et que les médecins confirment que rien ne m’attend, si ma date d’échéance est imminente et que tout ce qui reste entre elle et maintenant n’est que survivance sans bonheur, j’aimerais pouvoir sentir l’amour des mes proches tout autour et leur dire adieu en sachant que cette fois est la bonne. M’abandonner aux bras de Morphine (la cousine narcotique de Morphée) dans un soupir de soulagement. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Si et seulement si je le choisis. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ultimement.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La culture de la gentillesse</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:57:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
On ne naît pas indifférent. On le devient. Il suffit d’entendre un bébé réagir aux pleurs d’un autre pour détecter dans ses cris l’empathie, germe de la gentillesse. Mais quant on grandit, on se pose inévitablement la question, consciemment ou non. « Qu’est ce que je gagne à être gentil ? » La réponse, ou plutôt les réponses, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">On ne naît pas indifférent. On le devient. Il suffit d’entendre un bébé réagir aux pleurs d’un autre pour détecter dans ses cris l’empathie, germe de la gentillesse. Mais quant on grandit, on se pose inévitablement la question, consciemment ou non. « Qu’est ce que je gagne à être gentil ? » La réponse, ou plutôt les réponses, pourraient vous surprendre. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Depuis quelques années, un magazine français (Psychologies, pour ne pas le nommer) a décrété le 13 novembre comme Journée de la gentillesse. N’oubliez pas mon 6<sup>e</sup> sens, lecteurs dubitatifs ! Je les entends, vos commentaires… «Gnangnan », « cucul », « quétaine », la gentillesse ? Que nenni ! <span id="more-161"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Plutôt une source intarissable de bienfaits, quand on y pense et qu’on se penche sur la question.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Dès l’école, on peut observer que les comportements altruistes des enfants sont un gage de réussite. Des études le prouvent : prenez deux enfants qui ont des compétences scolaires égales, mais dont un seul démontre des signes d’altruisme. Celui des deux qui aura une propension à aider son prochain performera mieux, au final. Un comportement qu’il est possible d’encourager.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Oui, il est possible d’inculquer la gentillesse à nos enfants. Si une part des comportements bienveillants est innée, une large part peut être acquise par l’éducation… et par la pratique ! Prêcher par l’exemple est une excellente idée, parents, puisqu’il est aussi prouvé que la gentillesse est bonne pour la santé! C’est donc gagnant/gagnant d’inculquer une attitude généreuse à vos héritiers… Comment faire ? C’est simple: en étant gentil! <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Votre ados vous tape vraiment trop sur les nerfs? Essayez de lui proposer des jeux vidéos prosociaux… </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Des chercheurs d’un peu partout à travers le monde se sont entendus sur le fait que « </span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">l’exposition à des jeux vidéo violents cause directement l’augmentation des pensées et des comportements agressifs et diminue les comportements pro-sociaux et empathiques chez les jeunes qui y sont exposés » (Aderson, C. et al. (2010)). Des Japonais</span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR"> ont cependant mis en lumière l’impact positif sur le comportement d’un type de jeux particulier, soit les jeux prosociaux. Des ados nippons de 12 à 16 ans ont servi de cobaye pour une étude qui a conclu sans l’ombre d’un doute la même chose que des centaines d’autres avant elle. Cependant, cette étude est allée plus loin, prouvant que des jeux participatifs commandent quant à eux la gentillesse… Il ne vous reste plus qu’à faire avaler ça à vos jeunes qui sont sûrement plus Assasin’s creed que Lemmings ou « Sauvons les animaux du monde» quand vient le temps de se scotcher à l’écran et de se faire aller les pouces…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">C’est vrai que notre société cultive l’indifférente et varlope la gentillesse. Il est de bon ton d’être « bitch », on le voit tous les jours à la télé. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Récemment, le monde s’est scandalisé de l’histoire sordide d’une petite fille chinoise écrasée deux fois plutôt qu’une par des véhicules motorisés sous l’œil volontairement détourné des passants. Elle est morte quasi sous les yeux de millions d’internautes, victime du déclin moderne de la gentillesse. Qu’auriez-vous fait?<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">On ne se souhaite pas d’être confronté à une situation aussi tragique pour tester notre degré de gentillesse. Comme l’appétit vient en mangeant, la gentillesse vient en « gentillant » !  Essayez donc de donner gratuitement des compliments.<span>  </span>De sourire à la vieille dame qui a laissé son chariot dans le milieu de l’allée de l’épicerie, freinant votre course folle… De céder sans sacrer le passage à cette voiture impétueuse. Peut-être que son chauffeur a une excellente raison de peser sur le champignon. De féliciter un collègue pour son travail, juste comme ça, pour le plaisir de faire plaisir.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Combien de fois vous a-t-on répété « sois gentil » quand vous étiez petit ? Essayez donc aujourd’hui ! Et demain aussi. Vous n’avez rien à perdre</span></strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">***<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">P.S. Pour les professeurs du primaire, voici un petit kit génial pro-gentillesse mettant en vedette Max et Lili, héros de bouquins pour gamins. </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">http://medias.psychologies.com/images/gentillesse/fiche-15bonnesidees.pdf</span></strong></p>
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		<title>Aberration funeste</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les premiers contrecoups de l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire n’auront pas tardé à frapper le pays. Sommet de toutes les aberrations commises jusqu’ici et peut-être même à venir (si seulement on pouvait se réconforter en y croyant), l’abolition du registre des armes à feu. Si ce n’était que ça! Non seulement on abolit ce registre, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les premiers contrecoups de l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire n’auront pas tardé à frapper le pays. Sommet de toutes les aberrations commises jusqu’ici et peut-être même à venir (si seulement on pouvait se réconforter en y croyant), l’abolition du registre des armes à feu. Si ce n’était que ça! Non seulement on abolit ce registre, coûteux certes, mais utilisés jusqu’à 17 000 fois par jour par les policiers d’un bout à l’autre du pays, mais on veut DÉTRUIRE les données amassées jusqu’ici! What the f…? Est-ce que c’est ça qu’on appelle « jeter de l’argent par les fenêtres »? Pas quelques piastres! 2 milliards! </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Pendant ce temps, dans la corne de l’Afrique…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"><span id="more-159"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Consternant, débile, irresponsable, ce geste est d’abord et avant tout un symbole, mais n’aurait-on pas pu choisir symbole moins dévastateur? Harper et ses amis cow boy doivent rire sous leur chapeau de stampede! On se rapproche un peu plus des États-Unis de la droite qui prône « un gun pour tous » malgré la pluie de tragédies qui s’est abattu sur son histoire récente! Merde, on est vraiment con, les humains. C’est triste à pleurer. Doit-on vraiment insister sur la pertinence de ce registre? Le seul fait que les policiers sont en beau joualvert contre son abolition devrait nous inciter à monter aux barricades. Doit-on rappeler que le registre des armes d&#8217;épaule a été initié suite à la tuerie de Polytechnique?<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Et le pire, c’est que le projet de loi va passer comme du beurre à la poêle, puisque les conservateurs <span> </span>se vautrent comme des gorets repus dans leur majorité. Un pied de nez aussi bébé lala que déconnecté.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">« On est majoritaires, essayez de nous faire taire, lalalilalère! »</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Si, au moins, ils s’étaient assez<span>  </span>pilé sur l’orgueil pour remettre aux provinces les données ayant été collectées à grand frais depuis 1995, on aurait pu garder un semblant de respect envers la horde de tristes clowns qui siège aux communes et tient les rênes de notre destinée collective… Plus terrifiant que tous les punchs sanglants des films d’Halloween mis bout à bout…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les voix s’élèvent, mais seront-elles entendues? Avec un mégalo sourdingue comme Harper à la tête du pays, rien n’est moins sûr…<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Pas fort, fort</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Une amie m’écrit un petit mot sur facebook:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><em><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Salut Émélie, </span></em><em><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">ma belle soeur est venue nous visiter en fin de semaine et je l’ai emmenée fêter l’Halloween, en lui disant que le monde de Baie St-Paul, c’est du bon monde&#8230; Quand on a pris la voiture pour rentrer de l’endroit où avait lieu l’événement, on a découvert qu’elle avait été saccagée, vandalisée! Ils avaient même arraché sa plaque et crevé un pneu, plié ses essuis-glace en deux, etc. Ce serait « l’ fun » de dire a notre monde que c’est pas fin fin et que ca nous fait pas une bonne publicité.<span>  </span>Je te passe les détails, mais en gros, c’est ça. Alors si tu as le goût de faire la morale a nos jeunes pleins d’avenir&#8230; je te la donne!</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On s’entend que ça fait pas mal dur! Est-ce que la belle-sœur a eu la mauvaise idée d’avoir la même bagnole que le « dealer » de pinottes ou que le nouvel amant de l’ex de Chose?<span>  </span>Peut-être aviez-vous simplement envie de vous défouler en brisant quelque chose? Quoi qu’il en soit, c’est puéril pour ne pas dire carrément débile. <span>  </span>Un autre petit mot sur facebook :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><em><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Est-ce que je t’ai dit qu’ils ont probablement pissé dessus en plus? Il y avait soit de l’ urine ou de la bière sur la portière coté conducteur (on n’a pas fait de test de gout pour savoir c était quoi). C’est dégueulasse!</span></em><em><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Bravo, les ploucs! Grâce à vous, la belle sœur gardera un souvenir impérissablement amer de son Halloween en Charlevoix et n’aura probablement pas de sitôt l’envie de (ou le budget pour) venir passer un autre week-end bucolique dans le coin… La prochaine fois, allez donc bûcher si vous avez envie de vous défouler! Au moins, vous pourrez chauffer le poêle après!</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Prolétaires de tous les pays, indignez-vous!</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 01:20:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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15 mai 2011. L’Espagne se lève au son des revendications pacifistes du peuple. Leitmotiv ? La lassitude face à un gouvernement qui n’en fait qu’à sa tête, alors que son énoncé de mission implique clairement une représentation de la population et de ses intérêts.  Comme un écho occidental au printemps arabe, la révolution a ici le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;color: windowtext;font-size: 10pt" lang="FR"></span></h3>
<h3 style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;color: windowtext;font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR">15 mai 2011. L’Espagne se lève au son des revendications pacifistes du peuple. Leitmotiv ? La lassitude face à un gouvernement qui n’en fait qu’à sa tête, alors que son énoncé de mission implique clairement une représentation de la population et de ses intérêts.<span>  </span>Comme un écho occidental au printemps arabe, la révolution a ici le visage d’étudiants, de travailleurs, de simples citoyens écoeurés de se faire menés par le bout du nez et de manger leur pain sec. Si le mouvement s’essouffle en Espagne, il est relayé par le Portugal, la France, l’Allemagne… En Grèce, l’appel à la grève générale du 15 juin découle aussi de ce qu’on appelle désormais le Mouvement des Indignés. <span id="more-157"></span></span></h3>
<h3 style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;color: windowtext;font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR">L’humanité en a marre, marre des jeux des puissants de la finance, marre de payer le prix des perversions d’un système qui ne bénéficie qu’aux plus riches, marre de se faire manger la laine sur le dos. </span></h3>
<h3 style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;color: windowtext;font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR">L’humanité ne veut plus être un bête troupeau de mouton.</span></h3>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Ce qui fait l’unicité de ce mouvement, c’est son aspect citoyen, au-delà des considérations et des allégeances politiques. Ce qu’on dénonce en cœur, c’est une économie qui ne sert que les puissants. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Plus près de nous, la manifestation Occupy Wall Street a eu l’effet d’une traînée de poudre. Tout a commencé par cette Journée internationale des Indignés, décrétée le 15 octobre. Des manifestants se sont donnés rendez vous au parc Zuccati et y ont établi leur camp, au cœur du quartier de la bourse où se brassent les grosses affaires, celles qui font et défont des fortunes dans un grand bling bling d’écrans qui clignotent, de cours qui montent et descendent, de bras levées et de cellulaires en furie. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Dans le parc, on scande des slogans qui parlent de juste répartition des richesses, de démocratie, de justice sociale. Sans micro. Sans porte voix. En chœur, tout court.<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Et le mouvement est contagieux, l’écoeurite généralisée. 1000 villes, 82 pays<span>  </span>emboîtent le pas. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Spontanées, ces manifestations n’en sont pas moins réfléchies. De véritables micro-sociétés s’organisent pour faire de ce camping automnal nourri à l’auge d’une idéologie équitable autre chose qu’un feu de paille. Montréal, Québec, Edmondton, Vancouver sont de la partie. Londres, Rio de Janeiro, Tel-Aviv, Bruxelles. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Indignez de tous les pays, unissez-vous.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Les revendications sont peut-être vagues, elles n’en sont pas moins valables. On veut une réforme fondamentale. On ne veut plus de ce système qui enrichit 1% de la population et dépouille les 99% restant. On met dans la même soupière l’écologie, l’équité sociale, l’accès à l’éducation, l’emploi, la démocratie participative… Les détracteurs font des gorges chaudes de ce « melting pot », varlopant le manque de direction de l’ensemble, mais dans le fonds, on sait qui a raison. Et eux aussi le savent. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">À l’origine d’un cri</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Il est intéressant de se pencher sur la genèse du Mouvement des Indignés. Cette genèse, signée</span><span lang="FR"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Stéphane Hessel, est une toute petite brochure. « Indignez-vous ! », c’est le titre. Tout au plus une trentaine de pages. Vendue quelques euros. Publiée par une maison d’édition discrète au printemps dernier. En France. Stéphane Hessel, intello nonagénaire au parcours de combattant, y lance un appel à la résistance. Il invite à ne pas accepter sans mot dire le gouffre des inéquités. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">L’effet est immédiat. Des centaines de milliers de copie trouvent preneur. Le mouvement naît et gonfle au rythme des réimpressions. 1 millions de copies sont vendues en quelques mois.<span>  </span>On parle de la brochure comme d’un « manifeste pour l’indignation collective ». « Devant une économie mondialisé, chacun dans son petit coin se sent pris dans une machine dont il ne domine pas le fonctionnement.<span>  </span>Ils (les citoyens) ne savent plus très bien où ils en sont, ils ont tendance à laisser aller et c’est contre cela qu’il faut combattre. Ayez confiance et courage. Ce qui vous paraît aller mal peut aller mieux, il faut seulement vous mettre ensemble et agir. Il ne suffit pas d’être fâché : il faut s’engager et faire changer la société. La plus grande menace, c’est de dire « je n’y peux rien. Cette économie mondialisée, c’est trop fort pour moi. Ça m’indiffère ». Ça, c’est le risque. », résume le doyen Hessel en entrevue.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR">Environnement en dérive, corruption édifiée en principe, droits de l’homme galvaudés, économie égoïste, mondialisation dévorante… Nous avons au moins 1000 raisons de nous indigner. Qu’est ce qu’on attend ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR"></span></p>
<p><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt" lang="FR"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La corruption pour les nuls</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 00:52:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
Disons que vous avez un contrat à octroyer. Vous avez le choix entre un illustre inconnu à 100 000$ et un « chum » à 125 000$. Disons que vous êtes un privé pas fou. À qui le donnez-vous, votre contrat? À compétences égales, vous vous trouveriez vous-même vraiment gnochon de le donner à votre ami, non? 
Disons que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Disons que vous avez un contrat à octroyer. Vous avez le choix entre un illustre inconnu à 100 000$ et un « chum » à 125 000$. Disons que vous êtes un privé pas fou. À qui le donnez-vous, votre contrat? À compétences égales, vous vous trouveriez vous-même vraiment gnochon de le donner à votre ami, non? <span id="more-155"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Disons que vous n’êtes pas un privé pantoute. Que dans vos poches qui ne connaissent jamais la fin circulent les deniers de l’État, ceux de Paul Bouchard, d’Annette Lévesque, de Robert Meunier, payeurs d’impôts fidèles de leur état… Vous avez un contrat à octroyer. Vous avez le choix entre un illustre inconnu à 1 000 000$ et un « chum » à 1 500 000$. Ce n’est pas votre argent, mais c’est votre chum! 1+1=500 000$ de moins dans les caisses publiques. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">500 000$ de moins pour les programmes sociaux, culturels, éducatifs… </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Who cares? Les bons comptes font les bons amis! Et vous aimez tellement le yacht privé de votre copain… Rien de tel que la satisfaction éprouvée devant le fait qu’il vous en doit une!</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">La corruption coûte à l’État des millions, voir des milliards de dollars par an. Jusqu’à tout récemment, on en était plus ou moins conscient, parce qu’on est tous atteint du syndrome TLMIEB-TLMIEG, un type de « bonnasserite » aigüe<span>  </span>qui nous inocule le sentiment que Tout Le Monde Il Est Bon, Tout Le Monde Il Est Gentil.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Puis, les journalistes de l’émission radio-canadienne Enquête se sont mis à farfouiller du côté sombre de la force. Constat : l’empire de la construction est miné jusqu’à la moelle par la corruption. Les Italiens font des affaires d’or, les têtes dirigeantes des associations mènent des vies de pacha, le crime organisé fait la loi. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Qui paye? Vous et moi. Qui ne veut pas en entendre parler? Jean Charest. Notre premier ministre. Une autruche en costard Holt Renfrew, ce n’est même pas mignon! C’est juste ridicule.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Il y a eu le rapport Duchesneau, un rapport aux preuves accablantes qui a mis son auteur dans le cambouis jusqu’au cou. Il faut dire que ce n’était peut-être pas le meilleur choix d’aller livrer le tout sur plateau « people » à Tout le monde en parle… avant de le faire à l’Assemblée nationale… Bon, on fait tous de mauvais choix à un moment donné ou à un autre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">André Noël, de la Presse, résume bien le contexte de la collusion dans un texte publié le et qui incidemment porte le titre de «Le rapport Duchesneau pour les nuls ». Je ne l’ai lu qu’après avoir trouvé celui de la présente chronique, ce qui confirme mon manque criant d’originalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Il explique d’abord que la construction est l’industrie dominante au Québec et le Ministère des Transports, le plus grand pourvoyeur de travail du gouvernement. 4, 2 milliards en travaux routiers cette année. 16, 2 milliard sur 5 ans pour 30 000 kilomètres de chemin et plus de 5000 infrastructures. Il poursuit en statuant, preuve du rapport à l’appui, que 10 entrepreneurs réalisent 39% des chantiers routiers et que 10 firmes se partagent 68% des contrats de services professionnels. Vous avez dit « concentration »?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ajoutez à cela le fait que le MTQ confie les rênes des projets à des firmes conseils privées qui fraient allégrement avec les entrepreneurs en construction verreux. Autour d’une table où se vident quelques bouteilles à 1000$, ils « entrevalident » donc leurs écarts de conduite, bien à l’abri des regards soupçonneux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les entrepreneurs, qui sont finalement souvent bien plus copains qu’ils n’en ont l’air, se distribuent les contrats entre eux, manipulant les soumissions pour s’entraider à obtenir le plus de cash possible. Le rapport dit : «chez certains entrepreneurs généraux, on simule la libre concurrence en étant plusieurs à déposer des soumissions, alors que l&#8217;entreprise qui sera choisie est identifiée à l&#8217;avance par le groupe. C&#8217;est comme déjouer le système d&#8217;appel d&#8217;offres, tout en démontrant au Ministère qu&#8217;on respecte ses règles.»</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ajoutez tout un tas de gens payés au noir, des liasses d’argent à blanchir, quelques règlements de compte, la participation des politiciens à la magouille généralisée et vous pouvez être sûr que Fabienne Larouche nous pondera une belle petite télésérie sur le sujet avant longtemps…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">N’empêche, les grands perdants sont Paul Bouchard, d’Annette Lévesque, de Robert Meunier, payeurs d’impôts fidèles de leur état&#8230; Vous et moi, quoi.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Think X-large!</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 00:51:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le titre de cette chronique aurait tout aussi bien pu paraphraser Yvon Deschamps : US qu’on s’en va? Comme si de rien n’était, on est en train de s’en faire passer toute une. Keystone XL, ça vous dit quelque chose? Une autre de ces trouvailles miraculeuses pour l’économie et désastreuses pour l’environnement que nous devons à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman"></span></span></strong></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Le titre de cette chronique aurait tout aussi bien pu paraphraser Yvon Deschamps : US qu’on s’en va? Comme si de rien n’était, on est en train de s’en faire passer toute une. Keystone XL, ça vous dit quelque chose? Une autre de ces trouvailles miraculeuses pour l’économie et désastreuses pour l’environnement que nous devons à nos potes du RDC (pas la république démocratique du Congo, non, mais ce qu’on appelle en chinois le Rest of Canada, ou ROC). Pas que le reste du Canada aie l’exclusivité des idées débiles du genre… Nous avons bien notre Romaine!<span id="more-153"></span></span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Keystone XL, c’est ce projet de 7 milliards pour construire un oléoduc qui transportera, si le lobby pétrolier parvient à convaincre Obama et sa suite, <span> </span>le pétrole brut des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’aux raffineries du Texas. Ces jours-ci, des manifestations pacifistes, de ce côté ci de la frontière comme de l’autre, tentent de faire pencher la balance du côté de l’environnement, grand perdant si Keystone XL voit le jour.</span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Lundi, 117 des quelques 400 manifestants qui ont franchi les barrières de la colline parlementaire à Ottawa ont été arrêtées. Fait cocasse, les policiers qui ont arrêté lesdits manifestants les avaient d’abord aidé à franchir les barrières grâce à un petit marche pied et à une main tendue pour ne pas que les mamies se pètent la fiole. La classe! Il y avait là, outre des « Raging Grannies », des autochtones, des environnementalistes, des pères et des mères de famille soucieux de l’avenir de leurs enfants…</span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Combien en coûte-t-il de s’exprimer contre un indécent projet de 7 milliards? 65$ et une interdiction de se balader sur la colline pour 1 an. Qu’est ce que ça rapporte? On ne le sait pas encore, mais ceux qui y étaient ont au moins gagné l’impression de faire quelque chose! </span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Aux États-Unis, une cloche de la chambre des communes a analysé que certains faisaient le piquet non pas pour défendre leurs idéaux verts, mais pour se faire du capital, « se refaire un nom »…Elle pointait du doigt des artistes qui n’ont pas de problème à gagner leur vie. Of course, my dear!</span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">L’extraction des sables bitumineux est une catastrophe écologique constante depuis ses débuts, quelque part dans les années 1990. Le procédé, résumé de façon très efficace par un reportage de Radio Canada (</span><a href="http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/energie/dossiers/373-2061/"><span style="font-family: Times New Roman;color: #0000ff">http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/energie/dossiers/373-2061/</span></a><span style="font-family: Times New Roman">) est assez simple. On rase tout, on enlève une partie du sol qu’on empile quelque part pour plus tard, on creuse et on creuse et on creuse. Quand il y a enfin du bitume (11,5 % de la matière extraite) dans la tambouille, on transporte le tout jusqu’à une usine qui prend ce qui lui plaît (le pétrole, bien sûr) et recrache tout un tas de cochonnerie, sous forme liquide, bouetteuse ou fumeuse.<span>  </span>Parce qu’on est les rois de la bonne affaire, on brule 1 baril pour en produire 2.</span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Éventuellement, le jus de poubelle est conduit jusque dans d’immenses bassins qui peuvent atteindre 20km carré. Avec le poison, on remplit les trous et pour se donner bonne conscience et effacer les traces du délit. Éventuellement, mais non sans avoir laisser quelques oiseaux s’engluer et crever dans le cambouis, on remet la biomasse enlevée préalablement. On badigeonne d’engrais et on plante des arbres! C’est vert, donc c’est propre? Faudrait pas nous prendre pour des cons.</span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-size: 10pt"><span style="font-family: Times New Roman">Métaux lourds, mercure, plomb, <span> </span>xylène, benzène, mercure, arsenic, méthane : ça ne disparaît pas dans la nature en criant greenpeace! </span></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Times New Roman"><span style="font-size: 10pt">Parlez-en aux Autochtones de Peace River, de Fort McMurray, Fort Chipewyan… Dans ces communautés qui s’abreuvent à même le sous sol et les rivières où se gave et éructe l’industrie des sables bitumineux, la prévalence de cancer est étonnamment élevée. Étonnamment? Ça étonne qui, au juste?</span><strong><span style="font-size: 10pt"> </span></strong><strong><span style="font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR">Une étude menée par des biologistes de l’Université d’Alberta parue dans le journal de l’Académie des sciences canadiennes statue qu’un cocktail explosif de polluants flotte actuellement dans les rivières de l’Alberta. Et de quoi vivent plusieurs amérindiens du secteur ? De la pêche, pardi!</span></strong></span></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR"><span style="font-family: Times New Roman">N’empêche que si vous lisez les rapports des équipes de spécialistes en toxicologie, vous ne trouverez pas de preuves concrètes qui lient toute la cochonnerie diffusée dans l’environnement par l’industrie aux problèmes de santé des autochtones. Est-ce qu’on pourrait se faire passer un aussi gros sapin si l’extraction des sables bitumineux avait lieu en banlieue de Toronto ? On ne sait que trop bien qui paie ces « études » supposément neutres et scientifiques ! Curieuse de jeter un œil aux comptes en banque des experts en balivernes qui jouent aux innocent et les signent, ces rapports ! </span></span></strong></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR"><span style="font-family: Times New Roman">Oui, il y a deux côtés à la médaille, comme dans tout. Si ses 2700 kilomètres de pipeline tracent un jour leur voie d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord, l&#8217;oléoduc Keystone XL pourrait créer plus de 140 000 emplois et générer 600 milliards de dollars d&#8217;activité économique au Canada. </span></span></strong></p>
<p class="amorce" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-size: 10pt;font-weight: normal" lang="FR"><span style="font-family: Times New Roman">Qui se souciera, devant ses chiffres affriolants, d’une nature dévastée et de quelques Indiens qui meurent ?</span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
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		<title>Noirceur</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 00:50:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
Une mère attend en ligne pour entrer dans un dispensaire. Dans ses bras, son enfant ou plutôt l’ombre de son enfant, ce qu’il en reste. Depuis des jours elle marche, sentant son poids s’amenuiser dans ses bras, voyant ses yeux s’agrandir de stupeur, avalés par leurs orbites démesurés, n’entendant plus les gargouillis du ventre gonflé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Une mère attend en ligne pour entrer dans un dispensaire. Dans ses bras, son enfant ou plutôt l’ombre de son enfant, ce qu’il en reste. Depuis des jours elle marche, sentant son poids s’amenuiser dans ses bras, voyant ses yeux s’agrandir de stupeur, avalés par leurs orbites démesurés, n’entendant plus les gargouillis du ventre gonflé, trop vide pour exprimer le moindre bruit. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Elle sait que la mort regarde par-dessus son épaule et reluque la créature décharnée qu’elle porte comme un trésor fragile. Elle la serre d’un peu plus près, pour y retenir les derniers relents de vie. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les jambes et les bras de son bébé ne sont plus que des brindilles. Ses joues creusent lui donnent des airs de vieillard. Il n’a pas 1 an. En aura-t-il jamais 2?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">30 000 enfants sont morts de faim au cours de 3 derniers mois en Somalie. Ça ne vous coupe pas l’appétit, à vous? La faim est un état partagé par des milliers, dizaines, des centaines de milliers d’Africains faméliques. Certains marchent pour fuir une terre qui ne donne plus rien et vont vers d’autres terres qui ne donnent guère. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Avez-vous connu la faim? La vraie, pas celle qui vous prend quand vous êtes désoeuvré ou que votre ordi vous fait la gueule. Celle qui fait que vous seriez prêt à pousser votre voisin du coude pour lui piquer sa gamelle. Celle qui vous rend malade, vous tourne le cœur, vous vide de votre substantifique moelle et vous laisse tout raplapla. <span id="more-151"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Dans la corne de l’Afrique, cette région lointaine qu’on préfère souvent oublier,<span>  </span>12 millions de personnes subissent une des pires famines de l’histoire. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">En Somalie, la guerre civile rend la situation encore pire, comme si c’était possible. Qui en parle? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On préfère de loin « mémèrer » sur le futur amphithéâtre de PKP, s’obstiner sur la pertinence d’enfouir les fils ou non, raconter nos vacances à la mer, se plaindre de la pluie, se réjouir des téléromans qui recommencent leur ronde hypnotique…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les journaux glissent un petit article par ci par là sur les malheurs de la corne africaine. L’Éthiopie, la Somalie, le Kenya, l’Ouganda,<span>  </span>ce n’est pas très vendeur.<span>  </span>Et les catastrophes humanitaires, non plus. C’est pas jojo. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Qui veut savoir que les fermiers somaliens ne cultivent plus les champs qui nourrissaient leur pays parce que les troupes islamistes rebelles d’Al-Shabab les enrôlent de force ou leur imposent des « taxes » impossibles à affranchir? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Qui veut savoir qui sont les troupes d’Al-Shabab?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Qui veut savoir que les camps de réfugiés débordent éthiopiens, que les conditions sanitaires y sont inexistantes et que l’aide humanitaire ne s’y rend qu’à moitié, puisque ces même groupes islamistes attaquent les convois et piquent les médicaments, l’eau, le riz destinés à sauver des vies?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Qui veut savoir que 12 millions de personnes, soit 1 fois et demi la population du Québec, ne parviennent pas à se nourrir? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On préfère de loin regarder Les Chefs… Moins déprimant. Un petit creux avec ça?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">***</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Au cas où vous voudriez cesser de faire semblant que tout va bien dans le meilleur des mondes :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"><a href="http://www.lemonde.fr/afrique/infographe/2011/07/20/corne-de-l-afrique-chronologie-d-une-catastrophe-humanitaire_1550966_3212.html"><span style="color: #0000ff">http://www.lemonde.fr/afrique/infographe/2011/07/20/corne-de-l-afrique-chronologie-d-une-catastrophe-humanitaire_1550966_3212.html</span></a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">***<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">De l’incommensurable valeur d’être vivant</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les façons de perdre la vie ne<span>  </span>comptent pas. Les façons de la vivre, si. Il est de notre devoir d’en profiter, d’en faire sinon une fête de tous les instants, au moins un objet de gratitude.<span>  </span>Il y a de ces êtres qui respirent le bonheur. De qui émanent des ondes de joie pure. Qui sourient, embrassant chaque heure comme un cadeau, nourrissant leur enthousiasme à grandes lampées d’idées lumineuses, de rêves à réaliser, de défis. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Quand ceux-là quittent la vie,<span>  </span>c’est pour ceux qui restent que la barre du bonheur est haute.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les êtres aimés qui nous quittent ne nous laissent pas indemnes. C’est là qu’entre en scène notre devoir de vivant. De survivant.<span>  </span>Quand l’air nous manque parce qu’on a perdu quelqu’un, il faut regarder devant. Autour. Un peu derrière aussi, pour la beauté des souvenirs. On doit se mirer en soi pour dénicher tout ce qui fait de notre vie un extraordinaire cadeau. Les larmes, qu’elles coulent. Elles nettoient la plaie, la cautérisent doucement, au fil du temps. Faites de votre mieux pour être heureux. On ne sait jamais quand le voyage s’arrête… Je salue le courage d’un ami éprouvé et désire l’assurer de mon support absolu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span></p>
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		<title>La fin de l’immunité</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 00:48:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[
11 septembre. C’est une date qu’on n’est pas prêt d’oublier. Les 10 ans de l’événement, anniversaire lugubre, ont donné lieu à un épanchement médiatique presqu’écoeurant. 
On a gratté la plaie, on l’a rouvert pour fouiller dedans. Tellement de détails, d’angles, de témoignages… Trop. 
Du taliban qui se souvient de sa joie triomphante à la vue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">11 septembre. C’est une date qu’on n’est pas prêt d’oublier. Les 10 ans de l’événement, anniversaire lugubre, ont donné lieu à un épanchement médiatique presqu’écoeurant. <span id="more-149"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On a gratté la plaie, on l’a rouvert pour fouiller dedans. Tellement de détails, d’angles, de témoignages… Trop. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Du taliban qui se souvient de sa joie triomphante à la vue des tours éventrées à l’orpheline qui avait 6 ans quand on lui a annoncé avec gravité qu’elle ne reverrait plus jamais son papa. De ces épouses qui ont pétri leur colère à leur manière aux artistes dont la créativité a été nourri par la poussière, la fumée et le feu de ce jour-là,<span>  </span>personne n’a été oublié.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Dans l’entourage des morts du 11 septembre, un lieu commun. Partout, des j’aurais dû, ben dû, donc dû. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">La mort, c’est ça. En plus du deuil, de la perte, une grosse gerbe imputrescible de regrets. De ces choses qu’on n’a pas dites et dont on se souviendra toute sa vie. De ces choses qu’on n’a pas faites et qui ne pourront jamais l’être. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">10 ans après l’inimaginable, des images, tellement d’images. Cet homme en chute libre, presque gracieux, dans une scène de fin du monde au graphisme parfait. Les<span>  </span>avions-ogives qui percutent sans fin la mecque du commerce international de New-York, images surréalistes, mais tellement réelles. Des bouts de tôle froissés, l’uniforme d’un héros, des os –fantômes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Une femme en statue de poussière, œil hagard, perte de sens. On lit que le 11 septembre a été pour elle le début d’une longue dérape : alcool, drogue, perte de la garde de ses enfants, puis rédemption. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On espère bien que ce trop plein de détails sert une noble cause, mais on a un doute sur le but. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Les journaux, la télé, c’est un business. Et un business, c’est généralement à but lucratif.<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Reste que d’un bout du monde à l’autre, chaque peuple a ressenti les vibrations du 11 septembre. Comme si les tours en forme de 11 avaient été le point d’impact d’une pierre rompant la surface d’un lac trop calme. Les ronds dans l’eau ont atteint les confins de la Papouasie, de la Sibérie, du Chili… Personne n’a été épargné par l’onde du choc. Combien de cœur ont sauté un battement ce jour-là, on ne le saura pas, mais on a souvent parlé du 11 septembre 2001 comme de la fin de l’innocence. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Le multi-dictionnaire de la langue française donne deux définitions de l’innocence. La première? La pureté et l’ingénuité comme dans l’innocence d’un enfant. La seconde? État de la personne qui n’est pas coupable. Les deux définitions s’appliquent au grand fracas<span>  </span>du 11 septembre. Les États-Unis et l’Occident ont perdu un grand pan de leur candeur et de leur naïveté ce jour-là.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ils ont cependant aussi réalisé que leurs politiques n’étaient pas sans impact sur leur propre vie. On ne peut impunément se mêler de ce qui ne nous regarde pas. La preuve en était encore faite hier mardi : Kaboul à feu et à sang a rappelé que la guerre ne sera jamais finie. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">***<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Est-il nécessaire de rappeler que le contenu de cette chronique n’engage que son auteur? Le propre d’une chronique est de représenter une opinion, contrairement au texte journalistique qui se doit d’afficher la plus grand neutralité possible (je dis « possible » parce que le choix des mots demeure en tout temps subjectif). S’il advenait que des propos tenus ici vous indisposent, je vous invite à m’en faire part, par courriel au emelieb@hebdocharlevoisien, ou via notre page de lettres ouvertes. Si vous avez des suggestions de sujets, n’hésitez pas à me les faire pa</span><span style="font-family: Calibri"><span style="font-size: 10pt">rvenir.</span><span style="font-size: small"> </span></span></p>
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		<title>Les moyens de l’ambition</title>
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		<pubDate>Fri, 27 May 2011 15:46:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>emelie</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils mettent de la vie dans les nôtres, ils colorent les séjours des voyageurs de passage, ils éveillent les enfants et les ados à la grandeur de la culture, ils nourrissent l’âme des villes et des villages, ils créent la singularité et vivifient le collectif. Les événements sont essentiels au dynamisme régional et pourtant, ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Ils mettent de la vie dans les nôtres, ils colorent les séjours des voyageurs de passage, ils éveillent les enfants et les ados à la grandeur de la culture, ils nourrissent l’âme des villes et des villages, ils créent la singularité et vivifient le collectif. Les événements sont essentiels au dynamisme régional et pourtant, ils peinent à assurer leur place au soleil. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Pour ce faire, il leur faut d’abord parvenir à</span><span style="font-family: Calibri;font-size: small"> </span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">émerger de la pile de paperasses qui constitue leur chemin de croix pour grappiller quelques milliers de dollars par ci, quelques centaines par là. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">L’énergie qu’ils mettent à surnager et à remplir les petites cases des formulaires, ils ne la mettent évidemment pas à se bonifier, à se réinventer, à se concerter&#8230;<span id="more-147"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Le problème n’est pas<span>  </span>nouveau. Combien d’événements sont morts noyés sous l’étouffante bureaucratie? Le Festivol de Baie-Sainte-Catherine est le dernier en liste. Mort au feuilleton. Après seulement quelques éditions, les bénévoles sont à bout de souffle et le compte en banque, sous la barre du moins que rien. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Pourtant, ce sympathique festival avait fait le choix de l’humilité, de la simplicité volontaire, de la bonne humeur et du plaisir partagé. C’était un projet vital pour un village dévitalisé. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Il fallait voir la mine longue des fondateurs l’an dernier. Leur lassitude, malgré le désir de faire quelque chose pour mettre de la vie dans la communauté. <!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">L’aide n’est pas venue à temps. Il n’y aura pas de Festivol cette année. S’ils veulent passer de nouveau un moment ensemble en accueillant la visite sous le chapiteau blanc, les habitants de Baie-Sainte-Catherine devront patienter un an, peut-être deux. Et peut-être que leur patience ne suffira pas. Qui sait si l’événement renaîtra de ses cendres?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On parle ici d’un mini-festival, presque rikiki, tout jeune, simplissime, avec un budget miniature, pas de permanence, des leaders passionnés. Remarquez, peu importe la taille, l’âge, le compte en banque, les événements sont tous confrontés aux mêmes soucis, aux mêmes pépins quotidiens.<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">On l’a vu et entendu lors de la dernière assemblée générale de Tourisme Charlevoix. Il y avait de la grogne <span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">dans l’air. On en a marre de quêter des miettes, de noircir des pages et des pages de rapports compliqués pour quelques piastres qui serviront finalement principalement à payer le scribe. Les municipalités veulent bien faire leur part, mais les budgets sont serrés et malgré la bonne foi, la multiplication des pains demeure un mythe de l’Évangile. Qu’est-ce qui cloche avec la culture?<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Le parti pris culturel</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">L’expression est de Simon Brault, vice-président du Conseil des arts du Canada, président de Culture Montréal, directeur général de l’École nationale de théâtre et auteur du livre <em>Le facteur C</em>: l&#8217;avenir passe par la culture (en anglais No culture, no future). L’homme mène visiblement sa cabale pro-culture sur plusieurs fronts. Dans un essai publié dans le numéro de mars/avril 2005 d’Options politiques, M. Brault propose une nouvelle façon de voir les arts. De croire aux arts : </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">« Nous sommes à la croisée des chemins. Nous pouvons continuer d’avancer timidement. Nous pouvons continuer d’être sur la défensive à chaque fois qu’il est question de justifier les dépenses et les investissements publics en faveur du développement culturel. Mais ce serait une erreur stratégique dont le prix ne fera que croître dans les années qui viennent alors que d’autres pays, d’autres régions (…) font d’autres choix. </span><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Le changement de perspective que suppose un nouveau parti pris culturel exige du courage et de la vision. Il suppose aussi la création de nouvelles alliances entre les artistes, les citoyens, les décideurs économiques et politiques, les milieux de la santé et de l’éducation et les entrepreneurs communautaires. »</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Quelque part, il dit aussi :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">« De marginal qu’il était, le secteur des arts et de la culture se retrouve aujourd’hui au coeur des nouvelles stratégies de développement économique.»<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Et encore</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">«La fréquentation assidue des arts et du patrimoine contribue à stimuler les attributs de la créativité que sont le sens critique, la capacité de solliciter l’imaginaire, la transgression des frontières mentales rigides, la capacité de rêver, la distanciation émotive, la capacité de transposer et la capacité de rompre les comportements intellectuels et physiques convenus et prévisibles.»</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">Qu’est-ce qu’on attend?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">1-2-3-Action!<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">(Pour lire le texte intégral de M. Brault :</span></p>
<p><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;font-size: 10pt">http://culturemontreal.ca/data/Section1/Docs/fr/118_201_050404</span></p>
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