Le fil de la conversation
Comme jamais auparavant dans les pages de lettres ouvertes du présent journal, on assiste à de véritables prises de parole citoyenne. La thématique de ce grand déploiement d’idées et d’opinions? Une ville sans fil, ou plutôt un segment de rue du centre-ville sans fil. Pour, contre, pourquoi, comment, les gens s’expriment avec vigueur, véhémence parfois, faisant écho aux débats en cours et donnant des munitions aux parties en cause.
Est-ce que les quatre conseillers qui se sont opposés avec véhémence à l’investissement de fonds publics dans l’enfouissement desdits fils s’attendaient à ce que plusieurs de ces prises de parole mettent en doute leur inébranlable prise de position?
Ce n’est sûrement pas la réunion du conseil municipal qui aurait pu leur donner des indices de telles réactions à venir, vu que quelques dizaines de réfractaires y ont applaudi à tout rompre à chaque déclaration anti-enfouissement des quatre acolytes. Et quand je dis acolyte, je pèse mes mots.
On le sent bien qu’il y a accointance entre les quatre conseillers. Et c’est tout à fait légal. Ils se sont fait élire en ne niant pas cette « appartenance dans l’indépendance ». Vraie que celle-ci donne à leurs prises de position collectives un poids jamais égalé à ma connaissance, une sorte d’opposition non officielle, mais de plus en plus évidente et assumée.
Car pas besoin d’être devin pour deviner que ce « bloc de l’ouest » aime bien mettre le maire dans des situations sinon embarrassantes du moins pas des plus confortables. Ces quatre ans seront sans doute les plus longs du règne Fortin.
La dernière réunion du conseil de ville en fut un exemple. Chaque conseiller de l’opposition non officielle y est allé de son laïus sur le poids économique irresponsable et insurmontable du projet d’enfouissement de fils, recueillant les vivats et les bravos de l’assistance.
Le maire, quant à lui, défendant son projet comme une mère son enfant, ne recevait que commentaires désobligeants et grognements de la part d’une assistance visiblement excitée par la mise à mort d’un projet porté à bout de bras par ce même maire qui, comme tous les politiciens, ne fait pas l’unanimité.
Est-ce vraiment correct de faire de la salle du conseil un vaudeville interactif? De limer la frontière entre l’assistance et le conseil à un point tel que certaines phrases se noient dans un brouhaha teinté de tout sauf de respect?
Pardonnez-moi si je vous offense, mais questionnez-vous si vous vous sentez offensés.
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En fait, je voulais plutôt parler de prise de parole. Ce qui revient à peu près au même. Que vous soyez pour ou contre l’enfouissement des fils dans la rue Saint-Jean-Baptiste, ça vous regarde. Si vous avez envie de partager votre opinion, plusieurs tribunes s’offrent à vous. Le café du coin, la tabagie, la brasserie, votre table de cuisine, les pages de L’Hebdo, notre sondage sur Internet, le conseil de ville… Un détail: si vous voulez être crédible, soyez cohérent.
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Je souhaite la bienvenue dans nos pages à Patrick Arsac. Puisse sa chronique «Vivre» inciter à relativiser, à rêver, à apprécier les jours qui s’allongent, à danser pour rien, à chanter en choeur, à dire je t’aime, à… vivre, quoi!

