L’école de la normalité

Troisième partie

À chaque médaille son revers. Peut-être parce que la précédente chronique ne disait pas tout et surtout parce que je n’ai jamais voulu heurter la sensibilité de ces perles rares que sont les enseignants et autres éducateurs, j’ai envie d’insister sur la mission de ces gens à qui l’on confie chaque jour la prunelle de nos yeux.

Jamais je n’ai voulu mettre en doute les compétences des professeurs. Je leur lève plutôt mon chapeau, consciente de la tâche délicate qui leur incombe. Les enfants ont ceci de particulier qu’il n’y en a pas deux pareils.

Chacun arrive à l’école avec ses bagages, ses limites, sa tolérance à l’autorité, ses peurs, ses bravades.  Chacun doit trouver sa place dans ce nouveau milieu, avec de nouvelles références.

Le cadre de l’école n’est ni celui de la maison, ni celui de la garderie. L’enfant doit apprendre à négocier avec ses semblables dissemblables et doit surtout apprendre à apprendre.

Comme parent, nous devons nous questionner sur les outils que nous offrons à nos enfants afin de les préparer à cette période charnière de leur vie, parce qu’on ne peut pas exiger du professeur qu’il joue le rôle que nous avons peut-être occulté… La culpabilité de l’absence, le travail, la vie qui va vite, les réalités de la famille du 21e siècle, l’impatience distillée par un certain épuisement, je connais, vous connaissez peut-être.

Est-ce qu’on prend suffisamment le temps de jouer avec nos enfants? De leur donner des règles de vie qui les aideront à intégrer celles de l’école? De leur apprendre les principes de base du respect? On n’a pas toujours l’énergie pour ça. On est vannés, et la télé nous fait de l’oeil… «Amène-les-moi, tes gamins, je m’en occupe!» Et ils sont tellement fins quand ils jouent sur leur play station, leur WII ou autre Nintendo DS!!! À l’épicerie, on cède aux caprices parce qu’on n’a vraiment pas l’envie d’affronter une scène en public.   Quand on a répété trois fois une consigne, des fois on abdique. Plus vite, moins fatiguant. Est-ce qu’on aide vraiment nos enfants? Hum…

C’est à nous qu’il incombe d’enseigner les rudiments du non, du merci, du respect des pairs, de l’écoute attentive, d’un semblant de discipline…

Être prof, ce n’est pas une mince tâche, c’est sûr.  En soulevant quelques questions la semaine dernière dans cette même chronique, je n’ai vraiment pas voulu pointer qui que ce soit du doigt.

Quand je parle de créativité, de bon sens et de ressources compétentes, ce ne sont pas les professeurs, pas plus que les éducateurs ou la direction, que je mets en cause. Ces personnes font leur travail avec coeur et générosité et avec les moyens qui leur sont octroyés. Mais justement, parlant de moyens…

Par « beaucoup de ressources compétentes », j’entendais « ressources complémentaires, extérieures », comme des travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés, des orthopédagogues, des ergothérapeutes, des psychologues…

À partir de ça, c’est tout le système que je questionne… Chère Mme Courchesne, avant de penser à envoyer nos enfants à l’école le samedi, ne pourrait-on pas s’assurer que les professeurs et leurs élèves bénéficient de tout le support nécessaire afin de mener avec succès leur projet pédagogique?

 

 

 

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