Dis-moi combien tu dois, je te dirai qui tu es.

 

Phrase-choc qui devrait vous faire tomber en bas de votre chaise: les Québécois sont endettés. Et vlan dans les dents!

Non! Sans blague? Eh oui! Et je ne parle pas de la dette nationale, vertigineuse, mais bien de vos dettes personnelles, cette épée de Damoclès qui menace votre équilibre budgétaire et, par ricochet, votre santé mentale et physique! Et j’exagère à peine! Tous ceux qui ont frayé dans le rouge pourront vous le confirmer. Être endetté, c’est stressant! Mais comment en sommes-nous venus là? On nous avait pourtant dit qu’on nous vendait du bonheur…Jouer à l’argent

La culture capitaliste et les réflexes de consumérisme se développent dès l’enfance, au grand plaisir de tous les vendeurs de ce monde qui n’ont même pas à éduquer leur clientèle. Quel gamin n’a pas joué au magasin? Quel enfant n’a pas compris qu’en disant « je veux ci ou ça », il a de fortes chances de l’obtenir?  Même le Père Noël a un rôle à jouer là-dedans…

Chaque jour, l’être humain est bombardé de propositions alléchantes, incitant au désir et pas du tout à la réflexion. « Achetez maintenant et payez dans un an ». « Procurez-vous tel cossin et on vous donne cet autre cossin gratuitement.»  « Étalez vos versements sur 56 mois et recevez une remise de 1000 $. » « Nous payons la TPS, la TVQ, le transport.» « Le plus bas prix jamais vu! » Les publicitaires rivalisent d’imagination et ne négligent aucun superlatif pour vous faire tomber dans le panneau qui, soyez-en sûr, demeure à l’avantage de celui qui a quelque chose à vous vendre.  Devant tant de poudre aux yeux, une réflexion s’impose.

 « Ai-je vraiment besoin d’une télé HD? D’un nouvel ensemble de salon? D’une nouvelle auto? D’un sham wow? D’un power chopper? D’un rasoir à poils de nez? » Si seulement on se posait la question, on serait moins cons et vraisemblablement moins endettés!

Dites-vous bien que personne ne vous fait de cadeau, même si c’est bien emballé. « Business is business », c’est ça, la loi du marché. Et pas de place pour les bons sentiments dans les cahiers comptables! «On veut votre bien, et on va l’avoir », comme dirait Richard Desjardins.

La fille du REER

Hum. Alors qu’on peine à joindre les deux bouts au quotidien, on nous serine à hue et à dia qu’il faut économiser pour ses vieux jours. Pour ça, on a inventé les REER, ces bibittes du monde de la finance qui assurent à elles seules de vieux jours heureux à courir sur la plage à Hawai, à siroter des espressos à Napoli, à faire du trekking au Népal… En attendant, elles peuvent toujours vous aider à faire une mise de fonds pour l’achat de votre maison, si vous en avez suffisamment (finies, les mises de fonds de 5 %, vous le saviez?) et si vous osez les « rapper », mais il ne faudrait surtout pas oublier de vous rembourser vous-même! N’oubliez pas: la mer turquoise, l’Italie, l’Himalaya…

Le problème avec les REER, c’est qu’il faut avoir de l’argent pour s’en procurer! Mais de l’argent, il en faut aussi pour payer les comptes courants, que dire, galopants, le pain et le beurre, le pétrole, la poêle à frire, la pâte à dents…

Cash city

La décennie débute et il y a fort à parier qu’une majorité d’entre vous n’en a pas de collé. Qu’à cela ne tienne, ne vous inquiétez pas, mais soyez vigilant avant de sortir votre carte de crédit pour céder au premier désir venu. Nous espérons sincèrement que les quelques textes réunis sous le titre « Dossier crédit-Des lendemains qui déchantent » (pages 6 à 13) vous aideront à équilibrer les colonnes dépenses et revenus du budget que vous vous apprêtez à faire, une suggestion de résolution du Nouvel An qui pourrait vous éviter bien des écueils!

 

 

 

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