2010, l’Odyssée du futur

Ils sont où, les repas en pilules effervescentes, les costumes en papier d’aluminium, les lunettes à la Atanarjuat que nous promettaient les prophètes pour les années 2000?  Et les voitures volantes?

Plus le temps passe et plus les prédictions de tous les Georges Orwell et Aldous Huxley de ce monde nous apparaissent farfelues. Pourtant, on y a cru! On était presque prêt à prendre nos repas dans des dosettes: la pilule bleue pour le petit déjeuner patate-oeuf, la verte pour le dîner salade de bocconcini-tomates-basilic-pouding au riz à l’indienne, la jaune pour le souper,  magret de canard et carottes glacées au pernod… Mais qu’est-ce qu’on aurait dû  sacrifier!

Le coulant du jaune de l’oeuf délicatement tourné, le croquant juste assez gras des « hash brown », le moelleux du fromage italien, le piquant du basilic, le suave parfum de la cardamome, la texture délicate du canard, le parfum enrobant du pastis sur le tubercule sucré…

J’aime la bouffe, vous l’ai-je déjà dit? Les Fêtes sont terminées depuis deux longues semaines et je me remets à peine des excès gastronomiques de cette ribambelle de bombances, mais j’ai encore bien frais à ma mémoire les délices qui ont virevolté de la table à l’assiette à ma bouche!

Bien sûr, il y a les classiques, comme le ragoût de boulettes et pattes de cochon, la dinde, les pâtés de viande et autres bûches, mais que dire des digressions à la tradition que sont la pintade rôtie à l’orange, les crevettes à l’émulsion de coriandre, les blinis au saumon fumé, les huîtres, le risotto aux champignons et parmesan, le filet mignon aux bleuets, le céleri remoulade, les fromages, le marzipan, le tiramisu… La globalisation a du bon, que dis-je, du succulent!

Puisque la mode n’épargne pas les cuisines, qu’est-ce qu’il fera bon manger en 2010? Selon les experts, c’est le retour en force des produits de la terre, ceux que l’on  cultive sans OGM et avec le pouce vert, mais aussi ceux qui poussent et vivent de leur plein gré dans la nature, gibier, champignons, petits fruits et plantes parfumeuses.

À ce qu’on dit, il faudra aussi apprendre à manger les animaux du museau au pis, en passant par les pattes, le cou, les joues et toutes les entrailles. Quand on a la conscience écolo et qu’on n’est pas végétarien, c’est la base du respect, il paraît. Je me souviens d’une soupe aux pieds de poule qu’on m’a servie  un jour, en Bolivie. Je ne savais pas trop quoi faire avec la chose, alors j’ai observé du coin de l’oeil la méthode de mes voisins. Ils attaquaient la pauvre petite chose jaunâtre comme s’il se fût agi d’un gros morceau de viande dodue, mais j’avais beau scruter, je n’y voyais rien d’appétissant  et même, rien de mangeable! Et pourtant! Je suis sûre que ce goujat de Martin Picard pourrait faire un délice avec des pattes de poule…

La bouffe est à la mode, cette chronique n’y échappe pas. Une fois n’est pas coutume! Bon appétit!

P.S. Quand vous lirez ces lignes, je serai en vacances. En fait, elles seront presque finies, mais quand même. Je vous reviendrai en force et reposée, je l’espère!

Laisser un commentaire




Néomédia