Qu’est-ce qu’on attend?
Copenhague, 2009. Comment y voir, en tant qu’heureux élus de l’Amérique du Nord, autre chose qu’un grand bal masqué, une mascarade de bonnes intentions? Savamment déguisés, le Canada, les États-Unis et l’Australie, notamment, tentent de faire dévier la danse et de la faire entrer droit dans le mur, en tourbillonnant autour de cibles ridicules d’un point de vue scientifique! Poids économique et idéologique d’importance, cette nouvelle alliance de pollueurs sans vergogne réussira-t-elle à faire s’enfarger tous les autres danseurs dans une belle débandade de dominos comme à Berlin?
Les Africains, dans leurs beaux boubous bariolés, ont d’ores et déjà décidé d’aller s’asseoir sur les banquettes capitonnées de la salle de bal. Et pas besoin de marabout clairvoyant pour leur dire que les zigotos qui prennent le plancher n’ont aucune intention de diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, si cela devait avoir pour conséquence de diminuer leur profit! Quand on sait tout le mal que les États-Unis se donnent à affamer l’Afrique, à grands coups de « dumping » et autres procédures malhonnêtes, on ne s’étonne pas de voir les représentantsde ce continent maudit bouder le conventum!
Pourquoi Copenhague? Parce que la température moyenne sur Terre ne cesse d’augmenter et que c’est dû totalement ou en majeure partie à notre mode de vie industriel, à nos bagnoles, à la déforestation pour élever la viande à quatre pattes… et ce, quoi qu’en disent les créationnistes de ce monde qui partent du principe que Darwin était un illuminé!
À ce rythme-là, bande de dégénérés de la race supérieure, vos arrière-petits-enfants devront porter des combinaisons isothermiques pour aller jouer dehors! J’exagère peut-être, mais ce qui est à peu près certain, c’est que la liste des espèces disparues sera aussi longue que celle du Père Noël, le Bangladesh et le Sri Lanka seront rayés de la carte, les tsunamis, canicules, sècheresses, tremblements de terre et autres ouragans ne feront plus la une tellement ils seront devenus familiers.
D’ici quelques décennies à peine, je prédis, en bon Nostradamus du bad trip écologique, que les catastrophes écologiques disposeront d’une section réservée dans le journal, entre les sports et les arts, mais en plus touffu! Je prédis du même souffle qu’une nouvelle économie émergera du désastre et que les publicités de bunkers portatifs, de masques à gaz, de purificateurs d’air, de filtres à eau, de scaphandres familiaux et de moustiquaires y pulluleront.
Sur le site de Copenhague 2009 (www.copenhague-2009.com), on affirme que le niveau des océans s’est élevé de 17 cm au cours du 20e siècle et que la cadence des événements météorologiques extrêmes ne cesse d’augmenter. On estime à 300 000 par an le nombre de vies perdues à cause des changements climatiques, et c’est sans compter les ours blancs.
Pendant ce temps, aux États-Unis et au Canada, on continue de se péter les bretelles avec des cibles ridicules, bien en-deçà de celles prescrites par Kyoto et ratifiées par 184 pays.
Entrez dans la danse, amis africains, et ne vous laissez pas piler sur les pieds par Harper!
P.S. En passant, félicitations au groupe The Yes Man, responsable du canular qui a tenté de faire croire aux plus dupes que le Canada avait retourné sa veste pour endosser une chemise de coton biologique ornée du petit macaron de tissu vert recyclé… Encore une fois, on a eu droit à un exemple de la diplomatie canadienne quand le ministre Jim Prentice a accusé à tort et à travers Stephen Guilbeault d’Équiterre d’être derrière la vidéo absurde annonçant que « le Canada adoptait une nouvelle approche, en préconisant notamment une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990 ». Comme si Guilbeault avait le temps de rêver!
Quelques sites d’intérêt pour s’informer:
http://unfccc.int/portal_francophone
http://www.ipcc.ch (le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)

