Le mystère des salles vides
Samedi 31 octobre. Un diffuseur de la région offre un excellent spectacle. Peu connus, ne figurant pas encore sur les listes pré-mâchées des radios commerciales, les artistes ont quand même le talent, l’énergie et la faconde qu’il faut pour faire léviter la salle vers les cieux bleus de l’émoi tangible.
Résultats au guichet? Décevants. Quasi inexistants.
On fera quelques tours de magie pour que le coeur de la salle palpite. Clairsemée, la foule se fera servir malgré tout un «show » exceptionnel. Tant pis pour les absents.
Doit-on mettre la faute sur l’Halloween? Sur le fait que les faces de deux beaux garçons ne s’étampent pas sur les pages glacées de La Semaine? Sur la musique moins connue?
Ne cherchez pas.
Il y a un je ne sais quoi avec Charlevoix. Sans cesse, on entend la même rengaine: « il ne se passe rien, y’a pas de vie culturelle, faut aller à Québec pour faire de quoi », mais quand l’offre est là, sur un plateau d’argent, on est trop vache (excusez-la, mais je m’inclus dans le lot) pour en profiter! Quel paradoxe!
Des exemples? « Il n’y a jamais de bons films ».
Ah non? La tournée des rendez-vous du cinéma québécois, il y a quelques semaines, a attiré 20 personne le premier soir, alors que la réalisatrice du « primé partout » À l’ouest de Pluton était là pour discuter de son bébé. Quoi, un film qui gagne des prix partout n’est pas bon?
Le lendemain, avec la « face lette » de Pierre Lebeau en personne et le très beau Cargo pour l’Afrique, réalisateur Cantin en prime, on a fait un peu mieux. Un peu. Où étiez-vous, cinéphiles carencés? Devant un navet à Super Écran?
Je compatis avec Claude et l’équipe qui a trimé dur pour amener tout ce beau monde ici. Dites-vous que ceux qui étaient là en ont profité. Tant pis pour les absents.
Quand je pense qu’en Abitibi, en plein après midi un mardi, 700 personnes s’entassent dans une salle de cinéma pour se laisser subjuguer par un film…Et qu’ici, le ciné-répertoire attire toujours la même poignée d’amateurs…
«Faut aller en ville pour voir des pièces de théâtre.» C’est vrai, il n’y en a pas souvent, mais quand il y en a, y allez-vous? Cet été, le petit théâtre de la Cité a offert une chouette pièce plusieurs fois par semaine, souvent devant une salle presque vide. Un acte de foi. Pourtant, ceux qui étaient là ne l’ont pas regretté! Ils se sont bidonné un bon coup, tout en découvrant de jeunes acteurs et un auteur prometteur.
Ce vendredi, les amateurs de théâtre ont une chance de se reprendre au Domaine Forget avec Matroni et moi. Pierre Lebeau, Jacques L’Heureux et François Létourneau, est-ce que c’est assez pour que vous décrochiez de votre télé? Il reste encore de très bons billets, comme vous vous en doutez.
Côté musique, l’offre est foisonnante, même si ça se calme un peu avec le temps frais. Vous ne verrez jamais Metallica à Baie-Saint-Paul, mais pourquoi pas ouvrir vos horizons avec les tziganes crinqués d’Urs Karpatz la semaine prochaine? Si vous aviez la chance qu’on a de les avoir ici, vous prendriez tout de suite votre téléphone pour réserver! Un party de jour de l’an avant le temps, promis! Tout pour chasser la grisaille!
Et des promesses comme celle-là, il y en a chaque semaine!
À vous d’en profiter.
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Avertissement: Je résiste sans trop de peine à l’envie de m’épancher en un ultime soubresaut sur les élections municipales. Entre vous et moi, je suis trop contente que la page soit tournée (et quelle chute!).
Le chapitre qui débute promet lui aussi des rebondissements à chaque paragraphe…
Mon opinion personnelle? En ces lendemains d’Halloween, peut-être que le spectre de l’économie vacillante a pris possession des crayons de bois dans les isoloirs, envoyant valser les X devant les noms des candidats les plus enclins à le brandir à tout vent! Une hypothèse, seulement…
Bravo à tous les candidats, déchus et pas! Et élus, puissiez-vous mettre la culture, l’environnement, les enfants et pas seulement le compte chèque à l’agenda!

