L’enchanteuse

 

Ah! La vlimeuse! C’est sans crier gare qu’elle nous a asséné ce cadeau inouï, une déferlante de chansons vives et tendres, belles à faire frémir! Elle la chante, sa chanson, la Marsouine! Et elle la porte à bout de bras, comme une mère son enfant dans la marée montante…

Comment décrire l’album « Chansons sur toiles »? De la musique chair de poule et larme à l’oeil, de la musique poésie, de la musique Charlevoix, de la musique émoi.

Des chansons sur toiles qui parlent et dessinent leurs histoires, dans un bel écrin de carton qui fleure bon le sel et la brume, le bonheur et les boiseries de l’hôtel du Capitaine.

Une liste de mercis longue comme le Saint-Laurent, des clins d’œil, des sourires, des binettes d’artistes qu’on devine ravis d’être de la partie  et toute une galerie de tableaux qui mettent l’image sur les mots… Surprenant!

Caroline Desbiens la radiante, la femme-fleuve, la mère l’Oie, la soeur du vent, est une enjôleuse. Une bonne sorcière qui guérit la nostalgie et embrasse le passé d’une étreinte éternisante.

Elle est une fée aux yeux rieurs, au sourire fracassant, aux mains expressives. Et quand elle prend la scène à bras-le-corps, elle grandit jusqu’à devenir immense, une géante!

Chaque fois que je la vois, que je l’entends chanter, je ne peux m’empêcher de frémir. Avec un naturel désarmant, elle se livre et délivre ses belles chansons qui parlent d’ici, de vous et moi, de vieilles planches grisées par le temps, d’isle, d’art et d’amour.

Le lancement de ses « Chansons sur toiles » n’a pas fait exception. Parlez-en à ceux qui y étaient… Le grand frisson collectif!

Après des mois de labeur, de doutes, de remous et de marées changeantes, c’est comme si elle mettait enfin le pied à terre. Belle, fière, bouillante d’émotion, les joues roses, entourée de ses « p’tits gars », elle avait l’air vraiment bien. Comme un poisson dans l’eau de la mer. Comme le petit poisson de sa trésor Marie-L’Eau, une suite du monde à elle toute seule, du haut de ses presque huit ans…

Comme si ses chansons et leurs doubles n’étaient pas un cadeau suffisant, la généreuse Caroline a pris le soin de glisser dans la pochette un petit film, une œillade sur les dessous de dentelle de ce qui semble avoir été toute une partie de plaisir! Il faut entendre la fabuleuse chanson du vieil oncle Noël, Le 15 de janvier 1929, jaillir dans le petit matin frisquet du même jour, 80 ans plus tard. Et sentir le café réchauffer l’aube grise, déplier les yeux froissés, délier les langues et les doigts…

Et voir les sourires complices des musiciens unissant leurs forces comme les canotiers pour « faire traverse » d’un bout à l’autre du disque…

Dans la petite vue, on découvre aussi  les amitiés tangibles avec les peintres, avec en prime un coup d’œil dans leurs ateliers.

Et le capitaine Desbiens qui grignote dans la cuisine.

Et la neige qui constelle la vieille voiture à cheval.

Et le fleuve.

Si vous aviez un cadeau à vous faire, que ce soit ces « Chansons sur toiles ». Puisse l’artiste trouver son chemin jusqu’à vous… Merci et encore bravo à toi, Caroline.

Il ne pouvait en être autrement.

 

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