Faits comme des rats… de labo
Quand j’habitais dans la grand’ville, on avait l’habitude, avec les copains, d’aller bouffer dans un chouette resto thaï bon et pas cher. Entre les épinards frits et les calmars aux arachides, le som tam et le lotus au coco, le ton montait, joyeux. Au fil des plats parfumés qui se succédaient au milieu de la table et que l’on partageait à pleines mains pour faire plus vrai, l’intensité de notre bonheur grimpait, jusqu’à friser l’hystérie. Et pourtant, fauchés comme on l’était, on ne buvait guère que de l’eau! On bouffait cependant comme des goinfres et on sortait de là repus, et étrangement hilares… À peine quelques heures plus tard, on y serait retournés, comme des accros en quête d’une dose.On l’aimait bien, ce resto! On avait une vague impression qu’en cuisine, en plus de la citronnelle, du galanga, de la cardamome, du tamarin et du basilic, les cuistots échappaient dans les marmites quelque épice magique et euphorisante!
Au fil de nos soirées dans cette Thaïlande de pacotille, semée de fleurs kitschs et hantée par des poissons blèmes dans leur aquarium, on a longuement tergiversé sur la nature de ladite épice. Au fil des témoignages, des comparaisons et des hypothèses, on s’est rendu compte, bien peu scientifiquement s’entend, que le glutamate monosodique pouvait peut-être constituer la clé de l’énigme.
Fin du prologue
***
Haro sur le glutamate!
À l’époque, j’avais lu un peu sur le sujet, assez pour en venir à vérifier systématiquement si ledit glutamate se glissait dans les listes étourdissantes d’ingrédients des produits transformés qui envahissent les supermarchés, les dépanneurs et autres gargottes et par extension, nos corps.
Un pressentiment, peut-être. Dès lors, j’ai réalisé qu’on ne dit rien de bon sur ce produit.
Et j’ai essayé de minimiser ma consommation de glutamate. Pas toujours facile, car il se cache sous plus de 25 noms!
La semaine dernière, jai reçu, et plutôt trois fois qu’une, un courriel à donner froid dans le dos. J’y ai retrouvé mon vieux copain le glutamate.
Alors que mon intérêt pour l’additif alimentaire chouchou de l’Occident et des Chinois s’était restreint à quelques clics de souris, un mec du nom de John Erb en a fait le sujet d’un livre: L’empoisonnement lent de l’Amérique. Pas un twit, John Erb. Un scientifique.
Au fil de ses recherches, John Erb a réalisé que des centaines et des centaines d’études sur le diabète, les régimes ou l’obésité morbide étaient le résultat de recherches pour lesquelles des rats obèses avaient été utilisés. Rien d’étonnant jusque-là, car le processus de rendre malade un animal pour essayer de comprendre le mécanisme de la maladie ou du traitement est commun. Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est que la méthode pour induire l’obésité chez les rats est l’injection de glutamate monosodique. Tiens donc, te revoilà!
« Le MSG triple la quantité d’insuline que le pancréas sécrète, causant l’obésité chez les rats», disent les chercheurs, faisant mine de ne pas s’en faire pour la race humaine qui en ingère une quantité astronomique depuis une cinquantaine d’années.
Pas très rassurant, tout ça!
Selon les recherches d’Erb, des expériences ont démontré que le glutamate augmente l’appétit des personnes âgées. Son usage dans les cuisines des foyers et autres maisons de retraite serait donc monnaie courante.
Plusieurs études soupçonnent pourtant que le glutamate monosodique pourrait avoir un rôle à jouer dans la maladie d’Alzheimer. Le glutamate, selon le Dr Russell Blaylock, est un excitotoxine qui « promouvoit dramatiquement l’expansion du cancer et des métastases ». Attention, il na faut pas perdre de vue que le glutamate est un acide aminé présent dans le lait maternel et dans le corps humain de façon naturelle. C’est l’excès qui fait problème.
Du côté du lobby qui défend le glutamate et des fabricants, on n’essaie même pas de cacher que l’épice synthétique crée la dépendance et incite les gens à manger plus. C’est un fait admis.
Alors que l’Amérique grossit à vue d’oeil et que ce surpoids coûte cher aux États, que les Nord-Américains mangent mal et trop, que la santé décline, le glutamate, en bon petit soldat, continue sa marche sans se détourner.
Faites gaffe, il pourrait vous rentrer dedans!


6 Avril 2009 à 11:52 am
Bonjour,
Je tiens à vous féliciter pour votre beau « programme »… Vos textes son vifs, rafraîchissants avec une pincée de provocation. J’ai hâte aux prochains ! Autant d’efforts pour livrer à chaque semaine des écrits aussi inspirants et des images aussi pétillantes, ça doit nécessiter une famille compréhensive !?!