Petit serviteur, grand cœur

J’ai découvert récemment tout le potentiel que contenaient les quatre petites jambes de mes deux louveteaux. Outre leur capacité à courir dans la maison et à écorcher le plancher, elles ont la vaillance de rendre de menus services. Comme quoi avoir des enfants comporte certains avantages autres que le programme de congé parental…

En fait, je me doutais bien qu’un jour mes louveteaux devenus ados tondraient la pelouse en ronchonnant ou videraient le lave-vaisselle le soir de Noël, inspirés par les cadeaux sous le sapin. Les parents expérimentés savent déjà ce genre de choses, mais moi je découvre à peine l’ardeur au travail de ma « terrible-two ». Toujours prête à trancher les champignons, ma fillette adore brasser les gâteaux qu’elle fait presque sans grumeaux maintenant. En fin de semaine, elle a rangé les jouets devant l’aspirateur, heureuse de se rendre utile malgré le bruit. Et je ne vous dit pas son application à classer les petites voitures par couleur, à empiler les livres par grandeur et à mettre les ustensiles sur la table du souper. C’est d’autant plus impressionnant qu’elle semble y prendre plaisir à partir du moment où elle constate que ça me fait plaisir.

Son frère, par contre, est plus sélectif. C’est l’âge je crois. On ne demande pas à un grand de 4 ans ¾ n’importe quelle tâche. Il est volontaire pour ramasser la pelouse et arracher les mauvaises herbes des plates bandes en courant des kilomètres derrière son camion benne, mais il rechigne à accrocher son manteau et à mettre ses bottes sur le tapis. Il a toute l’énergie nécessaire pour passer le balai malhabilement à travers la maison, mais fait tout pour éviter de ranger son train.

Devant cet intérêt pour les menus travaux et services à rendre, j’admets prendre un plaisir à peine coupable à exploiter tout ce savoir faire et cette motivation. « Tu veux aller jouer dehors? Super, va chercher ton linge dans la cave, je vais t’aider à t’habiller. » Résultat : un escalier aller-retour évité. « Maman a soif, irais tu me chercher un verre d’eau? » « Maman est fatiguée, irais-tu mettre mes souliers sur le tapis? »  Wow! Vous devinerez que pour la plupart de ces tâches,  c’est ma plus jeune qui accoure fièrement et laborieusement avec de moins en moins d’incidents à son actif.

Mais je vous raconte la dernière… Dans une rage de volonté d’avoir, enfin-si-possible-me-semble-que-c’est-pas-demander-la-lune, un salon en ordre et un divan libre de jouets pour s’asseoir, je lève le ton et intime à mes petits louveteaux d’user de leurs talents. J’intime notamment à mon plus vieux de stationner sa flotte de camions ailleurs que dans le milieu de la place et de me faire disparaître ses petites voitures oisives depuis trop longtemps devant la chaise berçante.

Quelques minutes plus tard, je constate qu’il a déjà entrepris un nouveau jeu. « T’as déjà ramassé tes camions? C’est super! Merci! » Et lui de répondre candidement : « Oui maman, j’ai demandé à Alice, elle est entrain de le faire! » La réponse m’a scandalisée, ma réaction n’a pas tardé. Non mais, faudrait quand même pas que tout le monde abuse de ce grand cœur de fillette…

***

Et la semaine prochaine, je compte bien vous entretenir de l’attente pour les vaccins… En fin de journée aujourd’hui, je vais aller faire la file avec mes enfants récalcitrants… Je leur ai promis une brioche à la boulangerie avec un chocolat chaud en échange de leur grand courage… dans l’attente!

 

 

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