Voter pour la cause

Dimanche, c’est jour de vote au municipal. Pour tout le monde, d’un bout à l’autre de la province. Pour citer les publicités du directeur général des élections, je me demande pourquoi j’irai voter… En fait, je réponds plutôt à la question, car personnellement, j’ai bien l’intention d’aller dans l’isoloir quelques secondes, le temps de cocher mon bulletin.

Pourquoi aller voter ce dimanche? Trop facile comme question. Voici quelques réponses, si vous cherchez encore des raisons d’y aller. Vous pouvez voter pour les trois nids de poule que vous évitez tous les jours, pour les limites de vitesse à faire respecter dans les quartiers résidentiels, pour un réseau cyclable qui se respecte, des parcs d’enfants bien entretenus, de belles poubelles, des bancs publics.

Vous pouvez voter pour l’eau limpide qui coule maintenant de votre robinet ou que vous rêvez d’y voir couler, pour une bibliothèque municipale qui n’a pas que le nom mais aussi le contenu et l’allure, pour des loisirs mieux organisés et plus diversifiés, pour des infrastructures en bon état qui ne vous font pas honte quand vous faites visiter le patelin.

Parlant de honte, on peut aller voter pour changer l’allure du centre-ville et du boulevard, pour améliorer les accès au fleuve ou doter la plage municipale d’un minimum de services, pour des règlements d’urbanisme avec une colonne vertébrale, pour de vrais incitatifs visant à atténuer les horreurs architecturales d’hier, pour un développement économique qui a du tonus musculaire, pour des visions de villes et de villages cohérentes, pour se donner l’allure qu’on aimerait avoir.

On peut voter pour la mise en place d’activités culturelles ou l’ajout d’infrastructures sportives, pour un vrai campus ou des petites écoles pleines de vie. On peut voter pour la teneur de son compte de taxes, la gestion des ordures, la promotion du compostage, le déneigement des rues, l’emplacement des bornes d’incendie, le code vestimentaire des employés municipaux, le prix des bunkers de pompiers, l’efficacité des services d’urgence, la gestion des finances, l’échelle de salaire des cadres municipaux, la qualité des services aux citoyens, le suivi des plaintes, des micros pour la salle du conseil, la survie de la coop alimentaire et du dernier poste d’essence du village, l’accès Internet dans votre bout de rang, la sécurité des écoliers aux traverses piétonnières, des développements résidentiels verts, la problématique de glissement de terrain, un endroit pour les personnes âgées, des accès pour les personnes à mobilité réduite dans les bâtiments municipaux, une salle de conditionnement physique, des employés municipaux plus cordiaux, des fleurs à l’entrée du village, des supports à vélo devant les gymnases et la bibliothèque, un développement touristique durable ou des espaces de stationnement mieux gérés.  

Évidemment, sur le bulletin de vote, la question est simple et se résume aux noms des candidats. Par contre, en allant voter, en choisissant votre élu, vous vous intéressez au monde municipal, vous vous forgez une opinion et vous vous créez des attentes. Du coup, vous aurez plus tard des questions à poser, des inquiétudes, une satisfaction ou une déception devant les actions posées par le conseil. Dans quelques mois, ou peut-être le prochain, vous interpellerez votre conseiller municipal pour vos trois nids de poule, pour les supports à bicyclette devant la bibliothèque ou pour les trottoirs mal déneigés. Quand vous recevrez votre compte de taxes, peut-être serez-vous mieux informé du pourquoi du montant. Quand vous verrez le nouveau conseil présenter son plan triennal d’immobilisations, peut-être serez-vous plus attentif afin d’y voir ce que vous espérez. On ne vous demande pas d’assister aux centaines d’heures de réunion auxquels s’astreindront les élus. Non, seulement d’aller voter et de leur donner la tâche de siéger pour votre monde municipal.

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